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« CoNsTructiOns AléatOires EphémèReS » (stage initial)

Le stage initial devait faire l’objet le vendredi soir, d’une présentation de nos expérimentations de la semaine au cours d’une rencontre avec les habitants du hameau dans la salle polyvalente de Lamelouze. J’ai fait le choix de participer à l’atelier de « proposition performative » encadré par Jean-Paul et Clément.

Installation du matériel

L’idée de ma proposition a émergé je crois à la suite de la rencontre avec le garde forestier et le conteur, marc Aubaret. Plusieurs choses m’avaient interpellée lors de leurs interventions. Tout d’abord, le garde forestier nous a parlé de cette tradition de la région de construire des murs pour l’irrigation, la délimitation de propriétés, la consolidation des terrains. Ces murs se transmettent de génération en génération et sont un lourd poids à entretenir. _ Notion d’HERITAGE comme OTAGE_ . Se pose aussi la question des traces du passé, des traces de l’homme dans la nature qui sont éphémères, comment ces constructions périssables disparaissent-elles peu à peu ? Ensuite, l’intervention du conteur souleva la question de la transmission des histoires sans support écrit, et de la manière dont on peut partager des informations sur un territoire. Il nous raconta l’histoire de « La Vieille morte », une fille-mère que l’on condamna à partir du village en portant une pierre sur son dos sans jamais la poser sous peine d’être foudroyée sur place. Cette histoire donna son nom à une montagne.

Durant l’après-midi d’installation de la salle, j’ai donc fait plusieurs aller-retours à l’extérieur pour collecter les pierres dont j’avais besoin, aidée par quelques personnes de la classe, j’ai du transporter des sacs de pierres très lourds, et là trainant mon fardeau péniblement ,j’ai associé l’action que j’étais en train de réaliser à la représentation de la vieille morte portant sa pierre, comme un calvaire. Cette idée de pouvoir figurer un archétype sous plusieurs formes (une histoire, un récit, un mythe, une action) à différent endroits et à différentes époques m’a interpellée

Avec tous ces éléments en tête, j’ai réfléchi à une manière de les faire partager aux personnes du coin qui viendraient assister à notre présentation. En référence au courant du Land-art, notamment à Andy Goldsworthy, j’ai pensé à un dispositif interactif où se déroulerait l’action de CONSTRUIRE- DECONSTRUIRE en agençant des constructions de pierres jusqu’à ce qu’elles s’effondrent en formant un agencement nouveau entre elles.

performance#

En utilisant au départ un amas informe de pierres : composer un amoncellement, une construction (comme un mur) tout en le décomposant c’est-à-dire en reprenant à son début des pierres de manière répétitive. Construire, agencer, amonceler, composer / déconstruire, déplacer, laisser s’effondrer, puis reconstruire. L’idée étant aussi d’évoquer le cycle naturel expansion/ destruction.



J’ai laissé aussi une place à l’adaptation, à l’improvisation selon la réaction des personnes présentes et leur manière d’interagir avec moi. Constructions horizontales, verticales. Avec l’artiste danseuse nous avons utilisé des parties de notre corps comme élément de la construction : nos avant-bas comme élément de construction où nous posions des pierres. Cela a donné lieu aussi à des échanges avec des personnes du hameau sur la technique de construction des murs, sur des souvenirs.

De manière étrange, le lendemain nous sommes allés découvrir les traces de sépultures pré-celtiques dont la forme fit écho aux formes produites pendants la performance avec les pierres.


ESAAix - École supérieure d’art d’Aix-en-Provence - http://www.ecole-art-aix.fr