Étudiants - Archives des années précédentes - 2010/11 - 1° année (2010/11) - DOCUMENTATION ARTISTIQUE - ORSINI Lionel -

INFLUENCES // Anonymous : wtf ?


Anonymous est une étiquette utilisée dans la culture internet. Anonymous désigne les idées et les actions coordonnées de plusieurs communautés formées d’internautes agissant de manière anonyme, dans un but particulier.
L’étiquette est considérée comme un mot fourre-tout désignant des membres de certaines cultures d’Internet. Forums, jeux en lignes, serveurs de toutes sortes.
Les actions informatiques et physiques attribuées à Anonymous sont entreprises par des individus non-identifiés. Lors des manifestations physiques du collectif, les membres sont généralement masqués.
Ils se présentent comme des défenseurs du droit à la liberté d’expression sur Internet et en dehors.

Bien que ce mème ne soit pas lié à une entité spécifique, plusieurs sites Internet y sont fortement associés, notamment des systèmes de bulletins électroniques tels que 4chan et Futaba, leurs wikis respectifs, twitter, facebook, ..

Le mouvement enfle de manière fulgurante en Juin 2010. Le combat contre la scientologie (des débuts du mouvement - 2006-2008) a vite laissé place à celui pour la liberté d’expression. et la liberté de circulation de l’information.


Pour l’anecdote : le terme « Anonymous » vient des sites type 4chan (réseaux sociaux où l’anonymat de chacun est respecté, à l’inverse des réseaux sociaux type facebook). « Anonymous » est le nom d’auteur d’un post par défaut. Avec le temps, les utilisateurs ont fini par considérer avec humour qu’Anonymous pouvait être une seule et même personne. D’où la reprise du nom et du concept par le mouvement lui même.

Les anonymous décident donc de partager une seule et même identité pour être plus puissant en tant que mouvement. Un système à l’horizontale, sans chef de file, et surtout, spontané.

Dans les faits (et sous leur forme actuelle) les anonymous font des attaques DDOS un principe citoyen, au même titre que la grève il y a quelques décennies.
Leur constat est que : dans une société de l’information, à l’ère numérique, il est logique que les luttes citoyennes puissent prendre bien d’autres formes que celles de la grève et des blocages dans la rue. Les mouvements idéologiques mutent. Leurs moyens d’expressions aussi.

Une attaque DDOS est donc un nouveau moyen de protester, et pour le coup, ce système n’est pas anonyme pour autant ! le site attaqué peut relever toutes les adresses IP des ses attaquants avant de succomber afin d’entamer d’éventuelles poursuites judiciaires.
(Une solution consisterait en une attack dos spoofée ?..)


Quand on attaque par DDOS on est donc conscient qu’on engage sa responsabilité citoyenne, au moins autant que quand on est dans une manifestation de type grève, blocage.

Pour attaquer, rien de plus simple, ! il suffit de télécharger une version du programme nommée LOIC (pour Low Orbit Ion Cannon) ou HOIC. Le principe, résumé, est de submerger le site attaqué sous une avalanche de requête du type « Ping »


L’intérêt de telles attaques est qu’elles ne sont pas destructrices. Elles n’endommagent aucun matériel et aucune donnée ! Elles ne font que bloquer, provisoirement, l’accès à un site. En ce sens donc, elles sont innocentes. Elles ne visent pas à détruire, ni à saboter, mais à faire entendre un message, une revendication ...
Une seule personne attaquant seule contre un gros site ne lui fera rien. C’est là que les anonymous entrent en jeu par leur rôle de concentrateurs.







Le principe d’hyper-fragmentation qui donne naissance au mouvement Anonymous lui permet de suivre plusieurs combats à la fois avec une forte intensité (un seul ordinateur peut aisément attaquer plusieurs sites à la fois, et plus il y a de monde dans l’opération et plus celle ci a des effets)

Ce même principe rend exponentielle leur prolifération.
Dans l’idée, n’importe qui peut se revendiquer anonymous : et c’est ça qui rend l’idée « invincible ». Aucun individu ne peut en être représentatif, Anonymous est une « entité dynamique ».

UNE VIDEO PARmI TANT D’AUTRES


De ces deux libertés (expression et circulation de l’info) découlent notament la lutte contre les dictatures (cf opération egypt - cf opération Tunisia : 8 sites gouvernementaux bloqués pendant les révoltes récentes - cf opération payback - cf operation iran), la lutte pour la généralisation des logiciels libres.
La lutte pour la défense des droits des personnes ayant contribués à ces combats (cf Julian Assange : anonymous attaquent les opposants à wikileaks (visa et paypal), et part la même gagne en popularité et donc en « puissance de feu » -cf « opération Sony »)


Il est important de ne pas faire l’amalgame entre les Anonymous et les hackers qui les soutiennent.

Ce sont bel et bien deux entités distinctes.
Les hackers peuvent être des « Anon » mais tous les anons ne sont pas des hackers !

malgré tout, ces hackers sont un appui stratégique de taille pour une intelligence collective. Les hackers, eux, « piratent », c’est à dire qu’ils entrent vraiment quelque part, sur une machine, récupèrent des données, effacent leurs traces en sortant, et publient. Anonymement, bien sur.


Heureusement donc, que ces lupins, friants des boites mails professionnelles (et personnelles) des employés de ces sociétés (de sécurité informatique), nous divulguent leur contenus. On apprend donc comment « la menace » est appréhendée. Il est intéressant de voir les stratégies discutées puis adoptées par ceux qui veulent contrôler les relais d’informations et a priori empêcher la formation de ce genre de mouvement (cf - HBGARY-)

Pour l’anecdote détaillée, googlez : HBGARY anonymous :)






Extrait d’un des manifestes d’anonymous :
« Notre méthode de choix des cibles est simple : Nous sommes contre tous ceux qui soutiennent la censure. Nous sommes contre toute entité qui travaillent à la souillure de la liberté d’expression et / ou la libre circulation de l’information. Notre demande de vous est simple. Nous vous demandons de considérer la valeur de vos libertés naturelles. Nous vous demandons de considérer la valeur de l’information gratuite pour vous et les générations futures. Nous vous demandons d’examiner les implications de la censure de l’information, que ce soit par Internet ou de la parole physique. Nous vous demandons de réfléchir à l’avenir de vos propres droits de l’homme. »

mais « l’Empire » ne compte pas se laisser submerger !

Ainsi est crée le CCDCOE en 2007 : le Cooperative Cyber Defense Centre Of Excellence.
Physiquement localisé en Estonie (suite à un hacking à l’échelle nationale des sites gouvernementaux en 2007, ce pays très porté sur les services étatiques (administratifs) en ligne, décide de prendre cette attaque comme un avertissement).
Ainsi l’Estonie, l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne fondent cette cellule de cyber défense. « Les Etats unis et la Turquie devraient y entrer sous peu. La France y songe. »

Cette organisation a pour but de créer un bouclier technique empéchant les disfonctionnements liés aux attaques de réseaux informatiques.

Ce n’est plus un secret pour personne : la « cyber-guerre » tant fantasmée par la science-fiction est belle est bien une réalité aujourd’hui.
*** La fermeture de mégaupload
La chine attaque la maison blanche et google. La maison blanche « apparament » attaque l’Iran pour provoquer des retards dans leur developpement nucléaire (stuxnet). La Iranian Cyber Army attaque twitter et d’autres sites ...
« Une entreprise Française » vend un logiciel d’interceptions de communications (téléphoniques,mails,etc..) à Khadafi ...


Certains « spéculateurs » émettent l’idée qu’un des travaux du CCDCOE puisse être l’élaboration d’un équivalent de la bombe H pour le cyber espace. C’est à dire une espèce d’arme logicielle dissuasive. Un genre de bon gros vers informatique, genre, imparable °/



Comme le souligne justement le Colonel Ilmar Tamm, directeur du CCDCOE :
« Après les terres, les mers et les airs, c’est le cyber-espace qui est aujourd’hui le nouveau champs de bataille ». Et c’est un Colonel ; il sait de quoi il parle.

:3

Si vous voulez vous tenir informé :
le site d’informations des anonymous qui divulgue toute la documentation, les stratégies qu’ils vont suivre, ainsi que celles suivies par les anti-anonymous. ainsi que les différents serveur IRC (serveurs de chat).



***mAJ*** Décembre 2011 et Janvier 2012 : Anonymous devient de plus en plus visible à la suite d’un coup d’éclat contre les cartels mexicains. Puis un autre coup d’éclat en piratant Stratfor (une agence de renseignement américaine) et en y détournant un million de dollars au profit de plusieurs ONG (croix rouge, children care, ...). fin Janvier 2012 : megaupload ferme, le mouvement anonymous explose, des manifestations physiques commencent à être organisées. Pour la liberté d’Internet.




Sources :
www.lemonde.fr
www.wikipédia.com
« Underground » co-écrit par Julian Assange
(Oeuvre semi-autobiographique qui raconte aussi la naissance des divers mouvements hackers tout autour de la planète à partir des années 80)
www.anonnews.org
www.owni.fr (pour le lien de operation iran et pour le lien sur le l’adolescent arrété par la police francaise suite aux représailles d’anonymous contre visa et paypal )

Un article de fanboy ici


Un article très intéressant dans le monde ici

Une critique de ce dernier point de vue dans Les échos :
« la danse des multinationales par la prophétie de la transparence. »

Les images, elles, viennent de Google-image ;)



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