Étudiants - Archives des années précédentes - 2008/09 - 1° année (2008/09) - MÉMOIRES - LEDOUX Elsa - Volume -

Performance marchée

Outils :

Elsa : bloc de terre sur la tête / minerve. Nicolas : un bloc de terre sur chaque pieds / béquilles

Les temps de la performance :

1

Elsa est assise et enclenche quelques rotation de tête, de droite à gauche, de bas en haut, regard fixe. Elle se relève tête lourde, épaules lourdes .
Nicolas regarde à travers la fenêtre. La tête vide, il enclenche quelques pas fermes et lourds.



Ensembles :
marcher - pause - marcher - pause - rotation sur la droite - pause - marcher - rotation sur la gauche - regarder par la fenêtre - longue pause - demi-tour - marcher vers l’autre fenêtre - regard fixe, immobile, devant. Retour sur les pas.

2

Nos corps se croisent une fois, une deuxième fois, s’ arrête l’un en face de l’autre : immobiles, nous nous regardons l’un l’autre, dans les yeux, sans expressions. De manière régulière, suivant une ligne imaginaire qui forme un carré, les pas reprennent.

3

Elsa est au centre Nicolas tourne autour d’elle.
Elsa : tourne sur place, tangue, un pas en avant : vacillement latérale, un pas en arrière vacillement, mains moites, bras affolés, corps tassé, croule, s’affaisse. Accélération titubante, la tête va se retenir contre le mur, s’écrase, se frotte, se cogne, la masse de terre tombe, arrache sa minerve.
Nicolas : muscles tendu, démarche élancé, ponctué, cadencé, masse qui le retient , tend vers le bas, immobilisé, cloué au sol, se débat, se presse, accélère, se libère de ses poids. Jette ses béquilles.

Nous nous asseyons essoufflé, dégagé et libéré, longue pause. fin

Explication : L’art s’est beaucoup intéressé à la beauté des corps. Nous avons choisi de représenter un corps vivant qui pourrait être en perdition aujourd’hui. Lourd, affaiblit on observe ce corps se traîner dans la salle, tourner en rond, réalisant une sorte de marche de prisonnier. Nous avons choisi deux images symboliques : un poids à la tête et un autre au pied, pour représenter l’ enfermement mental et physique.

Nous avons essayé de faire exister une relation au corps qui le mette dans une position d’objet. Une tension se crée entre les corps et les blocs de terre alors que paradoxalement nous utilisons des objets sensés corriger l’ handicape (minerve et béquilles). L’emprisonnement n’est plus matérialisé par des murs solides mais des objets qui s’implantent directement dans le corps (ex : bracelet électronique).
C’est aussi une manière de parler de façon critique du « redressement technique » des handicapés et des systèmes de surveillances et de contrôle de l’individus qui favorisent fatigue, ennui et auto-enfermement.

Références artistiques : Lygia Clark. Franck Apertet et Annie Vigier.
Franck Apertet et Annie Vigier sont deux chorégraphes ayant participé à la biennale de Lyon en 2007. Ils ne cherchent pas à produire des mouvements mais à faire exister un corps à la base muet (chercher les limites du corps mais en préserver la dignité). Par exemple dans « X event » ils inventent 7 systèmes pour épuiser les danseurs. Durant les deux heures de danse des indices de fatigues apparaissent : les corps commencent à lâcher.

Lygia Clark Dans sa tension vers une fusion généralisée vise à l’élimination de la séparation entre le corps et ce qui l’entoure, à commencer naturellement par son propre corps, qui se prolonge donc dans l’espace. Dès lors, partant de ce processus, Clark en vient à l’idée d’analyser les réactions du corps comme si on pouvait les observer de l’extérieur. Plusieurs parmi les objets qu’elle a crées s’appliquent parfaitement aux formes du corps humain, mais s’adressent à un corps autre, favorisant la transmission de sensations. L’artiste cultive également l’idée d’isoler une partie du reste du corps, pour amplifier les sensations reçues et transmises.


ESAAix - Ecole supérieure d’art d’Aix-en-Provence - http://www.ecole-art-aix.fr