Études supérieures - Les enseignements - Enseignements théoriques - Philosophie, épistémologie - Programme 2009-2010 -

Seconde année (troisième semestre).

Signe et sens.

Contenu : L’un des critères qu’on tend à reconnaître dans la différence entre une démarche proprement artistique et une démarche de type « appliquée », par exemple décorative ou publicitaire, c’est le travail du sens. L’œuvre d’art fait sens, et elle vaut pour une large part par la façon dont elle fait sens. mais on doit aussitôt remarquer que cette signifiance est d’emblée paradoxale : d’un côté, l’art va se distinguer de l’activité décorative par sa charge symbolique ; de l’autre, il se distingue de la simple communication parce qu’il ne se réduit pas à la transmission d’un message. Et l’on voit bien que la question ne se résout pas dans une sorte de composé où seraient dosées des qualités techniques, esthétiques et symboliques. On a pu défendre l’idée que la spécificité de l’œuvre d’art tient à la complexité du sens qu’elle mobilise et partant au caractère inépuisable des interprétations qu’elle permet. mais cette idée suppose une sorte de non saturation symbolique qui revient à introduire avec le sens, la présence d’un vide qui devient à son tour moteur de l’interprétation.
D’une certaine façon, la question se retrouve si on s’interroge sur le statut de l’image. D’un côté, l’image est un signe, un représentant qui vise un représenté. D’un autre côté, l’image est une réalité propre et obtuse, un objet qui se donne à percevoir en tant que tel. Il y a entre les deux dimensions une béance qui peut parfois donner à l’image son propre jeu, sa dynamique interne.
mais on reconnaîtra en même temps que l’art n’est pas nécessairement de l’ordre de l’image.
Aussi une réflexion sur l’art est-elle indissociable d’une réflexion sur le sens, sur le signe, sur la signification et la signifiance.
Cette réflexion est compliquée par le fait que la tradition théorique européenne, et particulièrement française, accepte comme un paradigme que la relation au sens soit nécessairement une relation au langage et que l’activité symbolique soit de l’ordre d’une activité langagière.
Le cours s’efforcera de développer ces questions tout en évoquant différentes théories qui abordent la question du signe et du sens.

Bibliographie :
Jean-Pierre Balpe : Des hypertextes à l’hypermonde, (http://hyperfiction.blogs.liberation.fr/hyperfiction/2007/10/des-hypertextes.html)
Roland Barthes, Éléments de sémiologie, in Le degré zéro de l’écriture, Éd médiations.
Gregory Bateson, La nature et la pensée, Éditions du Seuil, 1984.
Raymond Bellour, L’Entre-Image, Éd. La Différence.
Ernst Cassirer, La philosophie des formes symboliques, 1. Le langage, Les Éditions de minuit, 1972.
Noam Chomsky - Jean Piaget, Théories du langage, théorie de l’apprentissage, Seuil.
Jacques Derrida, la grammatologie
Jacques Derrida, La différance, in Tel Quel, théorie d’ensemble, Éd. du Seuil.
Jacques Derrida, Force et signification, in L’écriture de la différence, Éd. Points.
Gilles Deleuze, Logique du sens, 10/18.
Gilles Deleuze, L’Image-mouvement et L’Image-Temps, Éditions de minuit.
Gilles Deleuze et Félix Guattari, Qu’est-ce que la philosophie ?, Les Éditions de minuit.
marcel Duchamp, Duchamp du signe, Flammarion.
Umberto Eco, L’oeuvre ouverte
Umberto Eco, La production des signes, Le livre de Poche.
Gilles-Gaston Granger, Essai d’une philosophie du style, Éd. Armand Colin, 1968.
Nelson Goodman, Langages de l’art, Éditions Jacqueline Chambon.
Roman Jakobson, Six leçons sur le son et le sens, Les Éditions de minuit.
Alfred Korzybski, Une carte n’est pas le territoire, L’éclat, 1998.
André Leroi-Gourhan, Le geste le la Parole 2, La mémoire et les rythmes. Albin michel.
Karl marx, Le Capital, Livre1, Chapitre 1 La marchandise.
Abraham moles, Théorie de l’information et perception esthétique.
Charles S. Peirce, Écrits sur le signe, Éd. du Seuil, Paris, 1978.
Jacques Rancière, Le destin des images, La fabrique.
Bertrand Russel, Signification et Vérité, Éd Flammarion, 1969.
Edward Sapir, Linguistique, Folio Essais.
Jacob Von Uexküll, mondes animaux et monde humain, médiations.

méthode d’enseignement : Cours magistral, recherche et lectures complémentaires demandées.

méthode d’évaluation : Collecte de documents et de textes, rédaction de notes critiques de lectures d’ouvrages tirés de la bibliographie ou proposés par les étudiants.


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