c’est simplement une liste,un peu une liste de courses :
Bergman et Pasolini pour les gros plans des visages, ni trop longs ni trop rapides,muets, pour signifier qu’il se passe quelque chose d’étrange et d’inhabituel.
“Eternal sunshine of the spotless mind”, pour le thème de l’image mentale du (des) scénario de Charlie Kaufman, pour le fait de voir à l’écran ce qu’il se passe dans la tête d’un personnage. Pour la mise en scène de Michel Gondry, sans effets spéciaux, organique, avec des accessoires visibles .
Vincent Gallo, “Buffalo 66” et sa musique ( l’album “When” ). Pour la simplicité de ses histoires ( un garçon rencontre une fille ) autant dans ses films que dans les paroles de ses chansons. Pour son côté fleur bleu complètement assumé et prétexte à des histoires touchantes et universelles.
Le rock et le blues en général, ou comment on raconte une histoire en un morceau de 2 minutes, en général une histoire simple d’amour perdu, trouvé, vécu, etc. (cf - non exhaustif- les Beattles, Pj Harvey, Tom Waits, Pulp, The White Stripes, Nina Simone, Billie Holliday...)
“Un privé à Babylone” livre de Richard Brautigan, “Buffalo 66” film de Vincent Gallo, “Kedma” film d’Amos Gitaï, “Festen” film de Thomas Vintenberg, “Nouvelles” livre de J.D. Salinger : pour ces histoires à durée maximum d’une journée, ou l’action se déroule en un très court laps de temps, durant lequel on pénètre dans la vie du ou des personnages avant d’en ressortir, sans avoir été témoin de scènes grandiloquentes et de drames hors du commun mais simplements de tranches de vies, avec des drames à échelles humaines et à échelle d’une journée, et qu’on abandonne à la fin sans explications sur ce qu’il va se passer par la suite puisque ce n’est pas le sujet.
Larry Clarck, ses photos et ses films, pour la thématique de l’adolescence, de la sexualité, pour sa proximité par rapport à ceux qu’il filme et photographie.
Nan Goldin, pour sa photographie organique et indispensable, pour les histoires, dont la sienne, qu’elles nous raconte sur ses amis, pour sa générosité en matière d’images.
Araki pour son foisenement d’images, au rythme quotidien et frénétique.
Les trois artistes précités pour leur approche instinctive et “brouillon” de ce qu’il s’avère être leur oeuvre. Pour ne pas y avoir préétabli des fiches remplies de réflexion mais pour avoir être passé à l’action avant.
"The virgin suicides" de Sofia Coppola, et les livres de Bret Easton Ellis, tout comme les films de Larry Clark, ou "Elephant" de Gus van Sant, ou encore "Long Island Expressway" de Michael Cuesta (beaucoup le cinéma indépendant américain) pour cette magnifique description de l’adolescence,âge où l’on n’explique rien,où tout semble possible tant le désenchantement est profond,où l’on a à faire à des personnes plus organiques que spirituelles contrairement aux adultes.les adolescents portent un mystère qu’ils quittent sans l’avoir élucidé lorsqu’ils deviennent adultes.ils sont toujours les enfants de quelqu’un ou de quelque chose.Alors que les adultes sont seuls et secs, ils sont éparpillés et attachés étrangement les uns aux autres : les relations formées à l’adolescence ne sont souvent plus viables à l’âge adultes (les relations fortes s’entend) et sont à l’image du mystère dont je parlais plus haut,comme des fusions indispensables et organiques.
Enfin pour continuer sur le cinéma indépendant américain, les films de Todd Solondz, particulièrement "Happiness" et "Storytelling",pour leur ton complètement politiquement incorrect,cette manière de raconter simplement ces personnes malsaines que l’on peut tous être.
pour finir,les états-unis sont omniprésents dans cette liste pour la raison suivante,je pense : c’est un pays adolescent,à mes yeux. j’y retrouve ce que j’ai décrit plus haut sur les adolescents,j’y retrouve le mystère non élucidé, la fascination complète, le rêve,pas forcément au sens positif, l’immensité des possibilités de chutes -et d’ascensions-,la dominance du corps sur l’esprit (je veux dire, mais je me répète,le côté plus organique que spirituel).