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Antonin Fourneau

Text de présentation

présentation du projet eniarof et axe de recherche

Antonin Fourneau

J’ai profité de cette cinquième année pour commencer à me projeter dans une « après école » et à réfléchir dans quel cadre je voulais continuer ma pratique (gravitant autour du numérique). Lors d’une participation à l’exposition « zone de confluence » (avec le collectif téléférique) dans le cadre du projet FAN (folies area network) je me disais que cela prenait des aires de foire à l’invention. Je me suis alors plus investi dans un projet qui me trottait dans la tête depuis un an : celui d’une fête foraine. Grand fan de film de série B, trauma, et autre...j’imaginai queque chose entre les monstres, l’électronique et le carton pâte. J’avais aussi dans l’idée d’un projet mode d’emploi qui puisse ce monter rapidement. Je me rapproche des « one minute sculpture » de Erwin Wurm et des TAZ (zone autonomie temporaire) ou encore de l’ « état gazeux de l’art » d’Yves Michaud.

ENIAROF

Objectif :

Le projet fête foraine est une proposition de plateforme d’expérimentations autour de l’interaction entre l’oeuvre et son public. Le but est de développer chez les participants l’idée de l’attraction et de voir comment une création se développe dans ce sens. Une plateforme permettant toutes formes d’expériences, ainsi il n’y a plus de cloisonnement des médiums. En plus de l’évènementiel, ce projet veut être un exemple didactique pour les étudiants en art (voir autre). C’est ainsi qu’il est envisagé de mettre en place une documentation du projet que ce soit du point de vue des financements mais aussi des créations. Cette documentation pourrait ainsi servir à monter d’autres fêtes foraines dans d’autres lieux. Ce n’est plus la fête qui se déplace mais son mode d’emploi (sa matrice). Ce nomadisme non plus physique mais gazeux est une des idées fondamentales du projet.

Le projet s’affinera au cours du temps afin de ressembler de plus en plus à la métaphore du « mail » : un ensemble de donner qui converge à travers différents réseaux pour se recomposer à un endroit donné. Un mail qui passe de boîte en boîte (de ville en ville) et qui perd une partie de son contenu et en gagne une autre (quelque forain de la fête précédente sont présents sur la nouvelle accompagné de nouvelle personne).

Note sur mes recherches ... Je pense que l’interactivité est une sorte de multiplicité de trou et d’excroissance dans la programmation. Enfin du moins c’est l’idée vers laquelle je veux aller pour le moment. Un programmeur va parfois simuler une interaction lors de la phase de conception. Le code est à ce moment-là un noyau avec un potentiel informel : le code est une forme d’anticipation. L’ajout de périphérique permet alors des interventions dans le code donc une modification du noyau qui provoque la création d’une forme. Selon moi, l’enjeu permettrait à l’artiste de créer un noyau qui prendra, avec l’interaction, forme. Et non de chercher un moyen pour intégrer le spectateur à l’œuvre (un pseudo acteur). J’éprouve beaucoup de difficulté à apprécier les œuvres interactives qui me poussent à dire ce qu’elle veulent et qui ne m’invite pas à jouer avec elles. C’est pour cela que j’ai envie de développer l’idée d’un noyau et de ses périphériques que l’on monte un peu comme on veut. On peut ensuite à tout moment brancher un deuxième noyau sur la structure que l’on a dans les mains et ainsi de suite. Et puis rompre tous les liens. J’ai envie de penser la machine schizophrène en plaçant le spectateur en son sein comme un acteur. Tel l’enfant Joey dans la « forteresse vide » de Bruno Bettelheim.

Je trouve qu’il y a déjà un énorme potentiel rien que dans un clavier ou les interfaces d’une Gameboy. J’aimerais en partant de plusieurs Gameboy et même d’un ordinateur, arriver à éplucher ces machines pour en récupérer le noyau et faire ensuite mes propres propositions d’interfaces pour faire communiquer ces machines et interagir. Une vision enfantine (sans aucun aspect péjoratif) de ce projet consisterait à dire que je veux mettre au point une sorte de LEGO TECHNICS. Mais à la place , un moteur comme base du jouet. Je veux proposer un noyau qui est en attente, qui bouillonne de désirs et qui veut libérer son contenu. Chaque noyau contiendrait des images, des sons, des variables...... Selon le montage effectué, les interfaces communiquent avec vous ou d’autres noyaux. Je suis attaché à l’idée d’une perte de contrôle lors de l’extension du noyau comme une expérience qui vire mal après une mauvaise manipulation.

J’ai découvert dernièrement les écrits de Marcel Duchamp (dans « Duchamp du signe ») sur « la mariée mise à nu par les célibataires, même ». J’ai réalisé en lisant qu’une des raisons pour laquelle j’ai développé cette idée de jeu de noyaux avec des gameboys venait de l’envie de pervertir cet objet du quotidien. J’emploie la gameboy car c’est à la fois un objet autonome et fini.

Je songe à des comportements relativements simples aux niveaux de la gameboy comme des réponses aux pulsions envoyées par les appendices.

Enfin l’ensemble de mes recherches autour de la machine me font souvent retomber dans les liens que je cherche à tisser entre machine schizophrène et célibataire et le corps sans organes. La machine agrégat, la machine désirante et l’œuf. Quelque part une idée du monstre ce faufile aussi dans mon travail.

Je me construis autour d’idées des machines désirantes. Je m’oppose au robot humain dans son contexte actuel car il est rongé par le manque de stimuli extérieur. L’ensemble des activités d’une journée sont quasiment les mêmes que celles qui nous attendent demain, ce qui moi m’effrais. Le travail sur le code informatique permet de mettre en place des machines. Des machines qui se jouent. Ce n’est pas tellement créer le jeu qui m’intéresse mais plutôt l’état de recherche dans lequel on rentre pour en arriver à une machinerie du jeu. (Utiliser le grille pain comme base et voir si en le couplant avec le robinet ). L’interactivité est pour moi le moyen de créer des liens inattendus. Une sorte de physique spéculative, presque de l’alchimie. Le code est un moyen détourner du langage courant qui va permettre l’élaboration d’une idée tel le grille pain et le robinet. L’idée qui me travaille actuellement est que l’interactivité a perdu quelque chose lors de l’arrivé de l’électronique. L’ordinateur mécanique nécéssite la présence de l’homme à tous les moments du processus de calcul. Dans le projet avec les gameboys je recherche une forme d’aide à l’accouchement numérique d’un CSO. La « fête foraine Eniarof » est ma machine désire de l’année 2005. Le désir d’une bouillie populaire entre monstruosité et interactivité.

Quelque sources :

- L’enfant ,Joey, de la « la forteresse vide » de Bruno Bettelheim se branche sur différent objets dans une logique qui est la sienne. Etat de branchement

- Tetsuo dans Akira de Katsuhiro Otomo passe par différentes phases de transition avant son état critique où il va engloutir tout sur son passage.

- Dans Kaïro de Kyoshi Kurosawa c’est le branchement à Internet qui nous fait prendre conscience de la mort engendrant une grande série de suicide. État de branchement et état critique

- Dans Tetsuo de Shinya Tsukamoto le héro Tetsuo devient puissance en aimantant tout ce qui est proche de lui. L’état de branchement donne au corps une certaine puissance.

- Dans les structures de Peter Vogel l’ensemble des éléments électroniques forment une structure dont l’interactivité en dépend. L’interactivité dépend de la forme

- Dans Tumiki Fighter de ABAGAMES votre vaisseaux détruit des ennemis mais lorsque celui-ci se colle à leur carapace inerte il les aimante et réactive leur tire. Vous pouvez ainsi vous retrouver avec un vaisseaux qui deviens complètement informe. Activité selon la forme.

C’est l’ensemble de ces états qui repésentent pour moi la machine schizophrène et sa machinerie.

Ecole d’Art d’Aix en provence - http://ecoleart.cluster011.ovh.net