Voici le crocodile, ce fut l’une de mes premières idées avant même de partir sur le site. C’est en observant la photo aérienne du site d’Esparron que je remarque que la terre coupe le fleuve en deux bras. J’y perçois une gueule grande ouverte qui me fait soudain penser à celle d’un reptile.
L’idée de lui fabriquer des dents me sembla soudain très tentante..
Mais je me retrouvai face à ma grande naiveté lorsque je pris conscience de l’échelle du site ; moi qui voulais les faire en vrai...
Je me suis donc tournée vers un logiciel de retouche et ce fut en quelque sorte ma première approche de Photoshop.

Durant les premiers jours du stage , nous avons tous participé à la création du carré que nous avons créer à l’aide branches mortes , l’idée était de faire un carré assez grand afin qu’il puisse être vu de loin .

Puis les jours suivant nous sommes partis à nos projets personnels , en voyant sortir toute ces jeunes pousses , je souhaitais mettre un accent sur cette nouvelle vie.
C’est à ce moment que m’est venue l’idée d’une porte , ou plutôt d’un antre qui encadre la vie nouvelle ou la mort ancienne.
Marie et moi nous employâmes à construire notre porte, Grégoire et Simon travaillèrent aussi sur le même lieu car eux aussi souhaitaient utiliser l’idée d’une porte dans leur projet c’est ainsi que nous avons combiné les deux.
Je souhaitais faire la porte au dessus du petit cours d’eau , mais entre la roche et l’eau il n’y avait pas de quoi la faire tenir, afin qu’elle soit solide .

Puis nous vîmes deux grands arbres sur le cours d’eau, nous réalisâmes qu’ils pouvaient être nos pilliers. La nature avait tout calculé , elle nous a aidés à créer notre antre coloré. Nous trouvâmes (Marie et moi), un morceau de bois long et fin , afin le de hisser entre les deux piliers. Nous l’avons peint à l’aide pigments naturels tel que l’ocre ou la terre de Sienne, en y faisant des motifs primitifs. Puis en faisant appel à des bras musclés (Grégoire et Simon) nous l’avons hissé entre les deux arbres.

Je pense que dans un certain sens cette porte symbolise un lieu de passage entre deux états , entre la mort et la naissance , elle a une valeur dynamique .
Malgré les centaines d’hectares brulés , ce lieu a repris vie à une vitesse fulgurante. C’est la porte qui nous invite a contempler la vie.
"Il me faut ce bon noir, cette heureuse saleté..."
Cette phrase de Delacroix me revint souvent à l’esprit durant notre séjour à Esparron , c’est en rentrant du stage qu’une idée me vint : pourquoi ne pas trancher ce" bon noir" avec son opposé .
Je souhaitais aussi travailler avec le corps , c’est ainsi que je repartis pour Esparron avec de la peinture corporelle pour me peindre le corps en blanc.
Je me suis mise dans la souche la plus noire que j’ai trouvé et celle aussi qui avait captivé mon attention lors de la semaine du stage.
J’ai choisi de travailler avec le noir et le blanc car le noir m’évoque la mort , en rapport à l’incendie du site ; et le blanc qui est son opposé apporte la vie, le blanc symbolise en quelque sorte la nature endormie .
J’ai fait des photos en argentique et au numérique , mais j’ai été trés déçue du résultat car ce n’est pas moi qui ai pris les photos étant donné que j’étais le modèle car je n’ai trouvé personne qui accepta de poser dans cette tenue. Et malgré toutes les explications du monde que j’ai pu donner à la personne qui prenait la photo, ce n’est pas mon oeil qui a pris la photo.
Ma déception vient du fait que trop de photos rendent un effet plutôt "glamour" , ce qui n’était pas le résultat attendu.
Je ne souhaitais pas que la photo soit centrée sur le corps uniquement et malheureusement c’est ce qui c’est passé.
J’ai tout de même trouvé quelques photos intéressantes car le paysage et le corps s’harmonisent et celà crée une atmosphère particulière qui éveille l’imaginaire .
