L’année commence ainsi, un stage d’une semaine dans un lieu inconnu qu’il faut s’approprier, le transformer pour lui donner un autre aspect.
Cette année nous sommes partis à Esparron. Un lieu qui a brûlé, il y a deux ans. Un lieu partagé entre forêt, lac et incendie...
Alors lorsqu’Erik nous a parlé de ce lieu, je me suis imaginé un lieu épouvantable, complètement calciné, n’ayant plus aucune honse de vie.
Comment transformer un lieu pareil ?
Pendant que quelques-uns réfléchissaient sur un projet global, d’autres pensaient le modifier de façon plus personnelle...
C’est ce que l’on a fait (notre groupe était composé de Maeva, Floriane et Seong Hye), nous voulions absolument avoir et garder un projet personnel (mais qui soit fait par nous quatre).

Le plus dur fut de trouver un axe de travail, savoir où et comment nous allions, mettre notre touche personnelle...
Une chose nous a sauté aux yeux : ce lieu calciné doit retrouver l’étincelle de la vie.... Mais comment ?
Ce fut alors l’idée du parc de jeux d’enfants qui s’imposa à nous.
C’est vrai l’enfance n’est-il pas un symbole pour nous de la vie, toute vie commence par une enfance (Homme, animaux, végétaux).
Une belle renaissance s’annonce alors...
Nous couchons l’idée sur le papier... quels objets, outils, comment... ?
Nous ferions ce parc avec les moyens que nous donne la forêt et quelques clous et fils, le strict minimum.
L’idée nous paraît bonne et nous en faisons part à Erik.
Nous ne voyons à ce moment qu’une simple renaissance de la forêt et plus largement de la Vie.
Mais Erik ne voit pas seulement notre idée comme une renaissance, mais il voit aussi l’ambiguïté que nous étions en train de faire naître : un parc de jeux d’enfants insufflant la renaissance du lieu pour nous et un parc mort, calciné avec l’incendie (avec tous ce dont cette idée peut amener : la mort aussi des enfants et des parents dans ce lieu...).
Soudain, le choc, quelle place allait prendre cette ambiguïté ?
Allions-nous la laisser planer ou allions-nous prendre parti vers la renaissance ou la mort ?
Au final, nous laissons planer le doute, au spectateur et au promeneur de voir, d’interpréter ce lieu avec son vécu ou non de l’incendie.
En arrivant à Esparron, nous fumes sous le choc, ce lieu n’était pas du tout comme nous l’avions imaginé, un lieu complètement calciné, noir, brun...
Mais la végétation avait déjà commencé à pousser, reprenant ces droits.
Notre projet n’avait donc plus de raison d’être car il n’avait plus la même signification, mais nous le ferions quand même, nous irions jusqu’au bout de notre démarche.
Mais pour l’heure, il faut tous se consacrer au projet global, approuvé par tous avant de partir : un carré (au départ d’un hectare !) assez grand
pour avoir conscience de l’ampleur de l’incendie... un carré sans arbres ni végétation morte... à l’intérieur, chacun a contribué à l’aménagement du carré.
Les trois derniers jours, nous nous sommes entièrement consacrées à notre parc de jeux d’enfants composé d’une balançoire rouge, un toboggan vert et une tyrolienne jaune. Ces trois couleurs sont très présentes dans les parcs, qui sont aussi fabriqués à partir de bois (mais pas brûlé).
Ce petit parc n’a plus la même signification (celle de la renaissance) mais il fait plus état d’un amusement, une envie de faire une cabane au milieu des arbres comme des enfants, maintenant il se fond entièrement dans le paysage.

