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01-Stage initial. Esparron.

"Pourquoi le noir du tronc qui etaye le vert des feuilles est-il stupéfiant ? Je refais maintes fois le parcours. Les yeux, stratification de paupières. Regarder, toucher, sentir, le craquement incessant et secret des bois, ses invisibles pointes. Le noir des troncs, le noir de la suie, le noir du charbon, système veineux de sa propre terre."

Penone

Lorsque le projet nous a été présenté je m’imaginais une forêt en noir et blanc, dévastée, chargée d’arbres , de branches enchevêtrées obligeant un passage difficile. Un endroit hors du temps, hors de tout, pas d’animaux, d’insectes ou de repousses ou du moins pas encore.

Arrivés sur le site Mathias s’est posé une question a haute voix, « Mais qu’est ce qu’on fout là ? », Une colline bien raide à descendre, et la moitié de celle d’en face à remonter et vice versa deux fois par jour minimum pendant une semaine.

Mais qu’est ce qu’on fout là ? Nous arrivons, tranquille, des projets en tête sans rien savoir de ce qui s’est vraiment passé, pourquoi, comment, qui ?

Le premier jour j’avais dessin avec Denis pendant que les autres sciaient, tronçonnaient, coupaient , arrachaient, histoire d’avoir un carré où travailler sans forêt et que ça se voit de la route et du ciel. Très vite je me suis rendue compte que penser cette forêt en noir et blanc était vraiment stupide. La mousse repoussait sur les cendres d’un vert peu commun ,les cailloux étaient ocres jaune, rouge, noirs, parfois rose, fissurés, écrasés, détruits, fatigués. Des arbres totems, auquel le vent donnait sa voix , apparaissaient au fur et à mesure que je m’enfonçais dans la forêt.

Les cailloux, pierres de la forêt.

Petite pomme de pin et mousse.

Le lendemain, Aurore, Rebecca et moi partions au village d’Esparron pour interroger les habitants sur ce qu’ils avaient vécus et ce qu’ils ressentaient aujourd’hui. Je crois que je n’ai pas vraiment de mots pour décrire ce que j’ai ressentie sur le coups et ce que je ressent encore. Il y avait un cheval blanc, dont la crinière était en feu, qui courait en hurlant dans le champs du château.

"On se serait cru à la guerre."

"Les gaz des campeurs explosaient."

"J’étais paralysée, dans le même jour je perdais ma maison et mon mari."

"Une ânesse et son petit ont été retrouvés entiers, collés l’un contre l’autre, quand nous les avons touché ils sont tombés en cendre."

Tous les projets, qu’ils aient été prévu avant ou non, ont été influencés par ces deux jours, le lundi et le mardi ,qui restent , la confrontation de deux mondes. Celui de la forêt maintenant, ce qu’elle nous donne avec toutes ses nouvelles pousses, ses insectes, ses nouveaux arrivants ( rencontre d’un sanglier , de saumons et de divers oiseaux), son silence bruyant . Et à l’opposé une forêt dans la mémoire des hommes , magnifique, touristique, faite de pins et de chênes qui ensuite fut détruite. Et... l’après tout ça où tout est calme et redevenu doux à l’extérieur et où tout bouillone à l’intérieur. Des gens tout souriant qui changent de visage, de monde au moment où on leur rappelle l’incendie. Un sourire qui s’éfface une fois qu’on lui rappelle pourquoi un jour il s’était éteint. Les habitants voient la forêt comme un lieux sale, triste, lugubre, où tout est mort, où rien n’existe. Pour ma part.... je n’aurais pas aimé ce lieu s’il n’avait pas été brûlé.

Voici les projets réalisés à Esparron et pour l’exposition ayant lieu le 8 décembre à l’école. Les autres projets personnels étant réalisés dans divers ateliers et essentiellement sur support photos, ils seront présentés dans l’article Photo/web.

1- L’arbre à souhait :

Projet de groupe avec Aurore et Rebecca. Nous avons pris les habitants d’Esparron intérrogé en photo, rassembler le maximum d’objets calcinés trouvés dans la forêt. Dans le haut de la coline nous avons trouvé un arbre.

Les objets montent sur l’arbre , les photos sont accrochées comme dans les arbres à souhaits*.

Chaque personnes a des souvenirs, des envies, des souhaits par rapport à cete forêt. En les accrochants ainsi, c’est comme une demande mortuaire, c’est cette forêt morte qui fait participer ces gens à sa propre rennaissance.

* Les arbres à souhaits sont utlisés au Japon lors des cérémonies du nouvel an , autre fête ou tout simplement au quotidient. Des prières ou des morceaux de tissus blancs sont accrochés aux branches des arbres sacrés des temples.

2-Montage son. Exposition du 5 décembre.

Ce projet au début n’avait rien à voir avec ce qu’il est devenu aujourd’hui. Au départ il devait être un montage vidéo fait avec Aurore et Rebecca sur le thème de la rennaissance,du cercle et réunir des photographies de notre instalations, de coupures de presses et de sons pris sur place. Petit à petit, après notre retour d’Esparron, nous avons eu des préocupations différentes. Le groupe s’est donc séparé, Aurore travaillant toujours sur vidéo et Rebecca et moi sur une bande son.

Il existe 3 montages.

Le premier où nous rassemblons les sons pendant l’incendie, les témoignages, et le son de la forêt à son état actuel.

Le deuxième est assez similaire et est réalisé par Rebecca et n’est pas encore terminé.

Le dernier reprend certains sons qui sont modulés différement, je suis encore en train de travaillé dessus.

Au final, un ou les trois sons seront sélectionnés pour l’exposition. Le but est que la personne qui l’écoute se perde à la fois dans l’espace et dans sa propre imagination. En éffet, la bande son pourra être écouté via un casque, les yeux cachés par un masque noir. La personne pourra, à loisir se coucher, s’assoir, être debout, bref dans n’importe qu’elle position que la longeur du casque permettra. Lorsque nous sommes plongés dans le noir, l’ouie s’affine. Plongé dans ce monde sonore, l’"écouteur" s’inventera son propre monde à travers ces sons, se créera un nouvel espace. Un carnet sera mis à disposition pour receuillir les sensations, mondes imaginaires de chacuns.

Les rebelles de la forêt :

Au sortir de la conférence sur Art et Environnement, qui eu lieu à Esparron le jeudi de notre périple nous vimmes Rebecca et moi l’affiche des "Rebelles de la Forêt". La voici donc après transformations.

- L’exposition du 5 decembre

Ca y est nous y sommes.

Deux mois de boulot.

Le vernissage est passé.

Soirée qui passe en deux minutes.

Un peu de stress

De toute façon c’est trop tard.

Combiens d’allers retours entre chez Rebecca et L’école ? De l’atelier à l’atelier bois, meca, à la recherche des clefs pour les vidéoprojs ou d’un quelconque autre outil ? L’acrrochage finit, terminé, le vernissage bouclé, les aurevoirs à Denis. J’en garde un très bon souvenir.

Apprendre à se planter, à recommencer, à faire trois sauvegardes. A galérer encore et toujours, mais s’acharner, à deux, et y arriver. Se remettre en question aussi.

Dans tous les cas, merci à Denis pour ce qui est du dessin.

Et merci à Fabien pour nous avoir suivit avec tes conseils jusqu’au vernissage.

Ecole d’Art d’Aix en provence - http://ecoleart.cluster011.ovh.net