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Compte rendu

J’ai donc été voir une exposition de Vincent Mauger, artiste adopté par la ville de Rodez il y a de cela quelques années. Je ne connaissais pas du tout son travail mais j’avoue avoir été agréablement surprise. A mon entrée dans la salle d’exposition, j’ai d’abord été attirée par l’organisation des différents travaux et par la notion de lignes et d’espace qui était abordée. Tout été organisé pour que le spectateur ait tout d’abord une vision globale, quelque peu trompeuse...

En effet, il fallait s’approcher de chaque oeuvre pour en apprécier chaque détail à sa juste valeur. C’est en faisant cela que j’ai remarqué à plusieurs reprises, des notions de contrastes. Il y avait par exemple "Sans titre, 2006, panneau en mélaminé blanc" qui était en fait deux "boules" rondes et creusées. Elles me faisaient penser à des nids d’abeilles car elles avaient une forme assez aléatoires mais appelaient pourtant une certaine notion de perfection. J’ai tout de suite eu envie d’aller voir ce qui se cachait à l’intérieur de ces parties creusées en forme de carré. Pour moi, la forme globale qui tend à être une espèce de boule, appelle à la douceur mais tout en contraste, l’artiste les a sculptées en contre-plaqué, un matériau dur et rigide. Cela rajoute une idée de perfection comme dans le travail d’abeilles. Mais le plus surprenant encore fut pour moi "Sans titre, 2006, polystyrène" : à première vue, c’était un radiateur, peint en bleu. Il était de taille imposante (environ deux mètres de hauteur) et c’est un élément qui amène une idée de poids, de lourdeur de la matière. En m’approchant mais surtout en touchant, j’ai pu m’apercevoir qu’il était en fait sculpté dans du polystyrène ; l’aspect utilitaire de l’objet disparaît totalement et il devient un objet de rêve, tout droit venu de l’imaginaire. En effet, cet objet se veut lourd, imposant, solide, épais car il est d’une utilité qui demande toutes ces particularités. Ce n’est pas un objet décoratif et donc il n’est pas fait, à la base, pour être beau. C’est donc un peu avec surprise que j’ai abordé ce travail. En découvrant qu’il était fait de polystyrène, l’aspect utilitaire s’envole et ce n’est plus vraiment un radiateur, mais un objet tout droit venu de l’imaginaire auquel on a donné le nom de radiateur, comme un rappel à la réalité dans l’imaginaire, un appel au voyage tout comme lorsqu’on s’envole mentalement mais qu’on amène des éléments du quotidien afin qu’on ne se perde pas. C’est tout le charme du rêve que le fait que tout l’espace paraisse réel. C’est un appel à la légèreté de l’imagination. J’ai également ressenti ces contrastes comme une idée de jeu entre l’artiste et le spectateur, entre l’oeuvre et le spectateur ; idée de jeu à travers l’effet de surprise, la réaction qu’il amène puis la notion de toucher. En effet, en ce qui concerne le radiateur par exemple, c’est seulement en touchant que je me suis aperçue que la lourdeur de la matière c’était transformée en légèreté surprenante et c’est également en touchant que l’on reste dans la réalité.

L’artiste a également joué sur la notion de rapports de force : "Sans titre, 2006, contre plaqué cintrable et bâtonnets de mikado". A première vue, on pourrait voir une forme assez imposante, une forme imposante mais à la fois fluide. En effet, la matière restait rigide puisque c’était du bois mais les lignes données se mêlaient en faisant oublier le poids de l’objet. En s’approchant une peu plus et en tournant autour de l’oeuvre, j’ai pu remarquer que des bâtonnets de mikado étaient placés entre les volumes, comme s’ils pouvaient tenir le poids et la forme du bois. Je trouve que cela accentuait également l’idée de jeu et de rêve, d’imaginaire car on a l’impression de flotter avec le bois et les bâtonnets de mikado apparaissaient comme rappel de la réalité, rappel à la réalité. Puis, il y a également le fait que le jeu de mikado est un jeu d’adresse où il faut être le plus précis possible afin de retirer un seul bâtonnet sans faire bouger les autres. On retrouve alors une notion de contraste car le bâtonnet est utilisé dans l’oeuvre comme support donc matériau solide alors que dans le jeu traditionnel, ils sont considérés comme fragiles et légers. J’ai interpréter cela comme une nouvelle manière pour l’artiste de traduire une notion de jeu avec le spectateur. Il utilise le détournement d’objet (déjà vu avec le radiateur) comme un chemin pour l’évasion, un chemin vers le rêve.

J’ai beaucoup apprécié l’oeuvre la plus imposante, "Sans titre, 2006, panneaux de mélaminé blanc". En effet, j’ai trouvé intéressante la façon dont elle investissait les lieux, passant entre les colonnes du Musée. Elle s’imposait et se suffisait à elle-même. Elle ramenait tous les sentiments évoqués par les oeuvres précédentes, l’idée de jeu, de tourner autour de l’oeuvre, l’envie de toucher. J’avais envie de continuer ces lignes géométriques, de voir où je pouvais les arrêter. Mais elle restait tout de même en partie inaccessible puisqu’on ne pouvait qu’en faire le tour et je ne pouvais pas voir ce qu’il y avait au milieu ; malgré tout, je ne trouve pas ce soit un inconvénient car cela amène beaucoup de questions et laisse libre à l’imagination de chacun.

Il y avait une série d’estampes et de vidéos ; l’idée était de jouer sur les volumes juste avec des traits et des lignes. J’ai remarqué, tout d’abord, un aspect très géométrique dans les estampes : les lignes étaient juxtaposées les unes à côté des autres et se coupaient parfois en angles plus ou moins aigus de manière à donner du volume. Mais il y avait également un travail sur les lignes en elles même : elles étaient plus ou moins épaisses ou plus ou moins rapprochées afin d’accentuer l’idée de volume. Concernant les deux vidéos, le principe était le même, basé sur la juxtaposition de lignes pour donner du volume mais les formes étaient moins géométriques ; pour la première, travail en noir et blanc avec une idée de mouvement. En effet, c’était des dunes qui se déplaçaient sur l’écran. La seconde représentait un entremêlement de lignes de couleurs qui se gonflaient et tournaient autour d’un axe. Ces séries m’ont ramené aux sentiments éprouvés à la vision des volumes ; les vidéos amenaient en plus une idée de mouvement qui me permettais de me me balader dans un pays imaginaire, pays qui ramène à des souvenirs ou à des projets futurs, à des rêves ou des choses plus concrètes.

J’ai beaucoup aimé cette exposition, les questions et les notions qu’elle amenait. L’organisation de l’espace et le rapport entre les oeuvres étaient compréhensibles, voire évidentes. Il n’y avait aucun texte explicatif à côté de chaque oeuvre, tout était basé sur l’imagination, les directions et choix que pouvait faire le spectateur. Il y avait un réel jeu entre l’artiste et le spectateur : l’artiste proposait et le spectateur choisissait.

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