Musée d’Art Contemporain, Nîmes.
Ce compte rendu sur l’exposition permanente du MAC de Nîmes, se veut une approche sur les artistes -avec le plus souvent un petit rappel sur leurs biographies, et une citation en lien soit avec son travail en général, soit avec l’œuvre présentée- puis, en deuxième instant, une description rapide de l’œuvre sélectionnée, et en dernier temps mon impression personnelle, l’étape de la critique. Les artistes présentés ici, sont déjà « sélectionnés » en fonction de mon affinité. J’ai pris ceux qui m’ont interpellé de manière positive ou non.
Sigmar Polke
(né en 1941 en Allemagne)
Il invente le Réalisme capitaliste avec Gerhard Richter (en référence ironique au réalisme socialiste).
Depuis les années soixante, S.P, « artophage » ironique, s’approprie puis personnifie les caractéristiques des avant-gardes. Il s’inspire d’abord du Pop Art américain. (voir Flüchtende) et utilise la sérigraphie, les trames, les objets trouvés, la photographie…
Il déconstruit la peinture tout en la construisant et en utilisant des éléments figuratifs préexistant (tissus, fleurs, fruits, pois). Tableau : « Support d’images peintes ». Il va en faire le véhicule de l’image même de la peinture.
Les Quatre saisons - 1988 – Technique mixte sur tissu
Flüchtende (Les fugitifs) – 1992 – Acrylique et résine sur tissu
Flüchtende (fugitif, ici photo de 2 hommes qui fuit le mur de Berlin)
Il rend un hommage à tous les réfugiés
Agrandit démesurément (silhouette pixélisée, imprimés transparent)
« Je veux changer le regard des gens ouvrir leurs yeux. C’est cela la tâche de l’artiste »
Je dois dire que je ne connaissais pas du tout cet artiste, mais son propos et la façon subtile de le transmettre, me donne une impression plutôt positive, surtout le tableau Flüchtende. Subtile en effet, au point que la toile transparente, (enfin suffisamment pour que le spectateur puisse voir la structure du châssis) crée elle aussi une séparation entre les personnages et de nouvlles barrières, qui viennent s’ajouter aux barbelées. Ils luttent malgré tout.
Raymond Hains
Né en 1926 à Saint-Brieuc en France. Raymond Hains fait ses études aux Beaux-Arts de Rennes. Il s’installe à Paris en 1945. En 1960, il est membre fondateur des Nouveaux Réalistes et « ravisseur d’affiches ». Il vit et travaille à Paris.
A partir de 1949, il fixe et recadre sur toile ou sur tôle des affiches lacérées recueillies dans la rue (espace toujours public) lors de « promenades-cueillettes ». Il met en exergue sur ses Palissades des décollages d’œuvres qui « crevaient les yeux », témoignages électoraux et politiques ou protestations contre la guerre d’Algérie (la France déchirée, 1949-1961). A l’inverse de la peinture, il soustrait la matière, (parallèle avec la sculpture).
Fasciné par les possibilités poétiques et visuelles de ce nouveau mode d’appropriation du réel, il décline le principe comme en témoigne ce fragment (Sans Titre, 1965, palissade de chantier).-> appropriation de petit fragment du réel.
Sans Titre – 1965 – Affiches déchirées sur tôle
« Comme les poètes au Moyen-âge, les Grands Rhétoriqueurs, je prends tout au pied de la lettre pour mieux retomber sur les miens… »
J’aime bien le rendu esthétique de l’œuvre. Et puis sa démarche, "recycler" des choses toutes simples que l’on rencontre quotidiennement.
César
Né en 1921 à Marseille. César Baldaccini, dit César fait ses études aux Beaux-Arts de Marseille puis de Paris (1938-50). Au début des années cinquante, il commence à sculpter le métal. Il rejoint le groupe des Nouveaux Réalistes et célèbre la beauté des déchets industriels. César, qui pensait que « les artistes c’est comme des melons. Sur cent, il y en a un de bon », a représenté la France pour le centenaire de la Biennale de Venise en 1995. Il est mort en 1998 à Paris et est considéré comme l’un des plus importants sculpteurs du XX siècle.
Compression de voitures – 1989 – Carrosseries de voitures compressées.
"Recyclage" poétique du réel, César renouvelle la sculpture par ses compressions métallique. Il réduit, il efface la subjectivité de l’artiste au profit de l’anonymat de la machine.
« De fait, c’est parce que j’ai résisté à l’école et à tout ce qu’on voulait m’apprendre que je suis devenu ce que je suis. »
César est un de mes artitstes favoris, je l’ai connu par son oeuvre Pouce, ( fonte dorée d’un pouce collosal) il nous met face à une partie de nous qui nous devient complétement étranger, autonome. De même, avec Compression de voitures, l’objet prend une tout autre dimension qu’une simple carcasse voiture. Bref, j’ai appris qu’il avait également réalisé les césars pour le cinéma (compressions) ! Reconnaissance populaire, mais dommage qu’on ne le souligne pas assez.
Yves Klein
Né à Nice. Yves Klein fait des études à l’Ecole nationale de la marine marchande puis à l’Ecole des langues orientales à Nice (1944-1946). En 1960, il est cofondateur des Nouveaux Réalistes. Yves Klein est mort à Paris en 1962. Son œuvre influencera les artistes des générations suivantes tant en Europe qu’aux Etats-Unis.
RE 44 – 19660 – Eponge, pigment rose et bois.
Ici, l’éponge devient le symbole de l’imprégnation de l’univers par la couleur. Métaphore d’une humanité imprégnée du rayonnement monochrome, qu’il cherche à mettre en valeurs dans ses œuvres.
« En somme, mon propos est double : tout d’abord enregistrer l’empreinte de la sentimentalité de l’homme dans la civilisation, c’est-à-dire celle du feu. Et tout ceci parce que le vide a toujours été ma préoccupation essentielle ; et je tiens pour assuré que, dans le cœur du vide aussi bien que dans le cœur de l’homme, il ya des feux qui brulent. »
Je préfère très largement ces antrhopométries. L’oeuvre ici, est mineur. Mais bon comme j’aime bien Klein, je voulais le faire apparaitre dans mon dossier.
Jean Le Gac
Né en 1936 à Tamaris en France. Jean Le Gac fait ses études d’art à Paris (1955-1959). Depuis les années soixante, il conte les aventures de ses doubles « au travers de la photo et du texte » . Il vit et travaille à Paris.
Bâche – 1968 – Encre, papier et plastique
Bâche en plastique qui renferme un dessin, encre projeté, mélange des matières. Petit garçon regardant un cercle de pierres, sur une plage.
Souvenir d’enfance plus extrait de sa vie quotidienne
« Jai compris que si je suis capable d’inspirer une fiction, alors il y aura une preuve de mon existence"
Hybridation du statut de l’œuvre, combinaison de matérialité qui offrent une multiplicité d’entrées possibles. Populaire
Je ne le connaissais pas non plus. Mais j’ai beaucoup aimé. Je me suis revue petite sur la plage de Saint Lunaire alors, forcément, il fait parti de ces artistes qui me parle.
Richard Long
Né en 1945 à Bristol en Grande-Bretagne. Richard Long fait ses études au West of England College of Art puis à la Saint Martin’s School of Art de Londres (1966-1968). Depuis 1967, il fait de « l’art en marchant ». En 1989, il est lauréat du Turner Prize. Principal représentant britannique du Land Art, il se promène autour du monde, du Sahara en Laponie, de l’Irlande au Pérou.
A line of sticks in Somerset – 1974- Photographie et texte.
Ramener un dialogue avec les éléments fondamentaux de l’univers, il cherche à démystifier l’artiste et son activité. Sculpture éphémère, cette ligne de branches témoigne des marques sereines d’une pensée organisatrice : présence de l’homme.
« J’aime utiliser la symétrie des schémas entre le temps, les lieux et le temps entre la distance et le temps, entre les pierres et la distance entre le temps et les pierres »
J’aime cette idée qu’une intervention aussi fragile et naïve dans un lieu donné puisse prendre un caractère intemporelle.
Giovanni Anselmo
Né en 1934 à Borgofranco en Italie. Giovanni Anselmo ne suit pas d’enseignement artistique, mais pratique la peinture à l’huile pendant quelques années. A partir de 1967, il est l’un des artistes importants de l’Arte povera, mouvement qui se veut « décomposition du régime culturel imposé ». Il vit et travaille à Turin.
Verso oltramare in basso a sud e in alto o ouest – 1987 – Granit, boussole et gouache.
Depuis un lever de soleil au sommet du Stromboli, le 16 aout 1965, Giovanni Anselmo s’est engagé dans une réflexion permanente à propos de l’ordre des choses, des cycles de la nature, de la gravitation. Il réalise des installations pour lesquelles il utilise essentiellement du granit. Il conçoit cette roche dure et magmatique comme un symbole de pesanteur, de fossilisation. Il accroche ses blocs de pierre aux murs des galeries ou des musées. Il contredit la gravitation en les maintenant en équilibre à l’aide d’éléments fragiles et périssables (comme par exemple une salade verte pour Structure qui mange). Au moyen d’installations toujours plus monumentales, il construit des métaphores sur l’équilibre fragile de l’art et de la vie : « Moi, le monde, les choses, la vie, nous sommes des forces en action. Le point essentiel c’est de ne pas les laisser cristalliser ».
Pierre et boussole, évoque intemporalité et stabilité de la matière mariée à la puissance impalpable mais déterminante des champs magnétique. Bande de gouaches bleu outremer évoque l’au-delà, l’infini du ciel et de la mer, parallèle avec Klein. J’ai beaucoup aimé.
Martial Raysse
Né en 1936 à Golfe-juan en France. A la fin des années cinquante, Martial Raysse fait des études de lettres, mais commence à réaliser des assemblages . En 1960, il est membre fondateurs des Nouveaux Réalistes et recherche de « nouvelles approches perspectives du réel ». Il vit et travaille à Issigeac en Dordogne.
Le tunnel – 1968 – Collage d’un néon sur toile peinte.
Il est proche du Pop Art. Il utilise des matériaux variés, objets manufacturés, photos, mais aussi le néon « couleur vivante », comme ici. Pour lui le néon est l’éclairage de l’expression de la vie moderne le plus fidèle.
Le tunnel, est un tableau qui essaye d’introduire du mouvement par la couleur, un mouvement de la sensibilité. Or je trouve qu’il n’est pas aussi fort et touchant que le tableau « paysage champêtre en 15 tons "(1963, photo-collage, huile sur toile). Où il met en scène des starlettes sensuelles, fluorescentes. J’y vois des idoles de ciné et des oeuvres beaucoup plus interessante par la même.
Giuseppe Penone
Né en 1947 à Garessio en Italie. Giuseppe Penone ne suit pas d’enseignement artistique. Il rejoint le mouvement de l’Arte Povera en 1969. Il vit et travaille en Italie et à Paris.
Anatomia II – 1993 – Marbre de Carrare et plâtre
Sans titre – 1989 – Chlorophylle sur bois et tissu.
« Capturer le vert de la foret. Parcourir d’un geste le vert de la foret (…). Rajouter le vert de la foret à la foret même. Imaginé l’épaisseur du vert de la foret. Reproduire la foret à partir des verts de la foret »
Il parle à la nature, croissance végétale, érosion ou de métamorphose par le temps et la matière. Rapport de l’homme à la nature et l’empreinte qu’il peut y laisser
Anatomia II : Main moulée en plâtre, les veines du marbre prolonge celle de la main. Osmose parfaite entre l’homme et la nature.
Penone est pour moi l’un des plus importants artistes contemporains. J’avais adoré I Have Been a Tree in The Hand, de lui.
Tony Grand
Proche du Groupe Support Surface.
Il cherche à donner une certaine logique à la forme originelle lors de ces interventions sur les matériaux. Il remet en cause la sculpture traditionnelle dans une démarche proche du minimalisme par l’économie de moyen. Il redéfinit la sculpture.
Sed, équarri, abouté en ligne courbe – 1975 – bois
Sans titre – 1988 - Bois
Le bois est chauffé, et déformé -> manipule.
Dans une autre salle
Sans titre – 1988 - Anguilles enrobées dans de la résine
A partir de 1987, première expérience avec la résine stratifié dans laquelle il inclut des anguilles qu’il utilise comme modules de pièces volumineuse. La taille des poissons définit l’œuvre finale. La rigueur des formes géométriques de cette grille minimale est désamorcée par le matériau organique : des anguilles, inclus dans du polyester translucide.
Cette sculpture devient une sorte de tombeau des poissons traité au formol. Parti pris de prendre des matériaux complètement étrangers à l’histoire de l’art. Critique par rapport à la sculpture traditionnelle, il développe surtout une réflexion sur la permanence et le temps. J’ai beaucoup aimé la grille minimale. Paradoxe entre un jeu d’enfant (texture amusante) et un tombeau (celui des anguilles).
Gerhard Richter
Né en 1932 à Dresde en Allemagne. Il travaille comme décorateur de théâtre puis entreprend des études à l’Académie des Beaux-Arts de Dresde (1952-1957). Il propose une démonstration pour un Réalisme Capitaliste et déclare que les tableaux doivent être construits selon des normes » . Il est considéré aujourd’hui comme l’un des grands peintres du XX siècle. Il vit et travaille à Cologne.
Blumen – 1994 – huile sur toile
Il développe une réflexion sur la frontière poreuse, qui existe entre peinture et photographie. Avec l’avènement de cette dernière, la peinture ne servirait, selon lui plus à reproduire le visible mais à le questionner. Avec Blumen, il reprend le sujet classique de la nature, aux tons doux. Réalisé à partir de photo, il offre une perception floue de ses interrogations marquant la reproduction du réel.
C’est un très grand peintre. C’est assez fort.
Alan Charlton
Né en 1948 à Sheffield en GB.
Il s’interesse avant tout à la structure de la toile, au processus d’élaboration du tableau. Depuis 1972, il peint all-over des monochromes gris, de toutes sortes. Il installe et juxtapose ses panneaux dans les musées, galeries en fonction de l’espace. Il maintient entre ses différents panneaux un intervalle de 4 ;5 centimètres de large. Après avoir peint la surface de l’œuvre, il en recouvre les côtés.
Sans titre (Tôdi) – 1996 – Acrylique sur toile
A la suite des minimalistes américains pour un art fondé sur la négation de la narration. Il élabore donc, depuis le début des années 70 ; un travail exigeant, austère reposant sur l’utilisant exclusive de la peinture grise. Approche original, divise en polyptiques monochromes la toile peinte de façon uniforme sans aucun effet de matière. Épure de la couleur dont l’intensité varie en fonction du contraste que celle-ci entretient avec le mur sur lequel elle est accrochée offrant une infinie diversité de nuances. La démarche est interresante, mais le rendu trop similaire. J’ai l’impression que si on en voit un, on les connait tous.
On Kawara
Né en 1932 au Japon. Autodidacte, On Kawara réalise ses premières sculptures en 1953. A partir de 1959, il quitte le Japon et voyage en Amérique et en Europe. Il vit et travaille à New York.
Le 4 janvierr 1966, On Kawara commence la série des Aujourd’hui et des Peinture datées. Sur un monochrome à l’acrylique, il indique la date de fabrication de la toile. Si à minuit elle n’est pas terminée, elle est détruite. Il emballe chaque Peinture datées (Date Painting) dans un carton tapissée d’une feuille de journal du jour. Il tient un catalogue raisonné annuel et très précis de cette série (One Million Years) et la présente en insatllations. En 20000, il indique qu’ « au 30 mars 2000, il a vécu 24 658 jours ». De 1966 au 17 septembre 1979, il a travaillé à des suites autobiographiques : J’ai lu, J’ai rencontré, J’ai séjourné. Non Sans ironie, il adresse au milieu de l’art, en guise de réponse à divers courriers, des télégrammes précisant : Je suis toujours vivant ou des cartes postales précisant le lieu de son séjour et l’heure de son réveil (I Got Up, 1968). Il tient également des registres de ses lectures et de ses rencontres et les archives dans des boites (ensemble I Read ou I Met)
Dec.18 ;1992 – Acrylique sur toile
Je trouve le concept absolument génial. Garder des moments, des instants sous boîtes de carton, très fort.
Photographies
Thomas Struth
Elève de Richter puis de Bern et Hilla Becher, Struth élabore sous cette double influence un style rigoureux qui allie à une vision objective neutre, voire distanciée du réel à un technique d’un étonnante précision.
Son regard bannit le remarquable, pour s’attache à l’anonyme et au banal. Sous l’atonie de cette description quasi systématique, on trouve une méditation profonde et grave sur l’histoire récente de l’Occident.
Elargissant son champ d’investigation. Il travaille sur les lieux de présentation des œuvres d’Art et sur les rituels modernes que constituent les relations qu’entretient le public à ces lieux et aux œuvres qu’ils renferment.
Mêle réalité et fiction. Retouche numérique. Œuvre illustre le projet architectural de l’agence britannique Archigram dans les années 60.
Idée de « brancher son habitat/matérialisé par les unités « mobiles d’habitation » rouge, jaune a une tour préexistante. Inspiré d’un projet réel mais jamais réalisé. Mi chemin entre fiction et architecture.
« Il me semble que les paysages expriment la manière dont nous vivons mieux que nous ne pouvons le faire nous-mêmes.
Musée d’Orsay I 1989
Il y avait un livre sur lui au musée, et en feuilletant un peu surtout dans sa série de photos au musée (comme ici Musée d’Orsay I), j’ai trouvé l’idée très rigolote et assez hallucinante. Effectivement, une photo prise dans une des églises de Rome. L’église était recouverte de peintures religieuses au mur présentant des prêtres priant Jésus. Au premier plan, un groupe de touristes tous entrain de lire leurs petits livres, style guide du routard. L’image ici fonctionne par la similitude des attitudes des personnages peints et ceux qui les visitent. Mise en abîme assez agile, vraiment très chouette.
Tosani
Ongle N°8, 1990
Ongle n°15, 1990 – tirage cibachrome –
Gros plan sur un seul ongle. Simplicité de moyen rigueur et singularité. Il travaille par série l’artiste revendique l’emploi « des moyens les plus objectifs de la photo : la précision, la frontalité des prises de vue, la netteté, la couleur, l’agrandissement ». Pour mieux interroger la force de l’image et mieux transformer la manière dont le spectateur est appelé à regarder
« Montrer du vivant dans sa généralité » opposé à l’individualité
Resserre cette énergie de la chose qui croit. Fragment, ongle convexe
Il ne s’intéresse pas à une conception de la photo qui « embaume » le référent comme un instant du passé mais conçoit l’image comme une proposition vivante, recyclée en permanence par le spectateur. Parallèle avec César, c’est pour ça que j’apprécie tout autant, ils sont sur la même réfléxion : démesure qui dénature.
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