/ Étudiants / 2006/07 / 1° année (2006/7) / MÉMOIRES (1° année 2006/07) / FONTANEL Marie

La semaine Thématique : Ville contre Nature

Nature
- 1-Ensemble des êtres et des choses qui constituent l’univers, le monde physique, la réalité. -2-Ensemble du Monde physique considéré en dehors de l’homme. -3-Ensemble du Monde physique qui apparait sans être transformé par l’homme -4-Ensemble des lois qui paraissent maintenir l’ordre des choses et des êtres. "La nature ne fait rien en vain".

Ville 1-Agglomération relativement importante et dont les habitants ont des activités professionnelles diversifiées, notamment dans le domaine tertiaire. >2-Population, ensemble des habitants dans une ville. (Pour Pierre Georges (géographe), la ville "c’est un groupement de populations agglomérées définit par un effectif de population et par une forme d’organisation économique et sociale".

J’ai repris ici la définition la plus courante des termes "nature" et "ville" dans le dictionnaire Larousse. Ces deux définitions mettent en relief leurs caractères antagonistes. Le titre de la semaine thématique est "Ville contre Nature", on retrouve bien cette opposition dans le titre même. La nature est bien égale à l’"ensemble du monde en dehors de l’homme", et la campagne étant donnée comme le contraire de la ville, ils n’ont donc rien à voir si ce n’est leurs contraires. Mais si on prend l’étymologie du mot "ville", il descend du mot latin "villa", qui signifit un "domaine rural". Il fut peut être un temps où ces concepts ne cherchaient pas à être dissocier. Question oblige : sommes nous obligé de séparer systématiquement ces deux concepts ? et comment en somme nous arrivés à cette radicalité ?

Je laisse ces questions en suspens, pour donner des exemples de styles architecturaux et d’architectes, qui ont essayé de réunir ville et nature. Il suffit de se tourner vers l’Asie, pour trouver une déclinaison à notre définition occidentale. Le Japon par exemple, a hérité d’une architecture qui se veut tourner vers la nature : harmonisation de la maison avec la nature (horizontalité...), recherche d’un maximum d’utilité dans un minimum d’espace, matériaux écolo ... Et s’ouvre grâce à de grandes portes coulissantes sur un "espace vert" aussi grand que la maison (toute maison étant impensable sans son jardin devenu un parc en réduction). Les Japonais créent une structure architecturale à la fois légère (pas de murs portants, grandes ouvertures) et solide (l’élasticité du bois qui "pli mais ne se rompt pas"). Tellement solide, que cette structure supporte très bien des secousses sismiques. La maison n’était pas fixée au sol mais uniquement sur des pilotis, elle est secouée ça c’est sur, elle peut aussi se déplacée mais sans pour autant s’écrouler. J’aime bien cette conception de la maison, ce n’est plus une construction faite pour durer et résister au temps, mais un espace à part entière, qui va vivre au travers de la nature, se laissé "porter" par elle, et si elle tombe dans l’oubli elle pourra se régénérée, un peu comme ces temples Incas perdu en pleine amazonie. C’est un discours assez écologique en superficie, respect de la nature, pollution visuelle ect..., mais au fond, je pense sincèrement que si nos maisons restent modestes, et "ouverte", et ben se sera bon signe, les hommes auront surement changé eux aussi.

L’année dernière, pour le bac, nous avons abordé cette question sur la relation de la maison/nature au travers des deux architectes:Hector Guimard et Robert Mallet-Stevens. Tout deux offrant différentes réponses plus où moins astucieuses à la question. Mais la villa, selon les époques doit respecter certaines caractéristiques bien précises. Hector Guimard construit en 1899 le Castel Henriette à Sèvres, pour une dame qui provient de la haute société, Mme Henriette Hefty. Son désir assez communément partagé par sa sphère, est de voir et d’être vu. Ainsi la structure de la maison est pyramidale, sur 4 niveaux, avec belvédère et balcons nervurés à chaque étage. Ces ouvertures permettent aux occupants de respirer l’air de la nature et de contempler les jardins, clôture, ruisseau... et grotte artificielle. Guimard les a également dessiné dans l’esthétique de la villa : art nouveau, une manière en quelque sorte d’annoncée son parti pris au visiteur dès l’entrée. Guimard, s’inspire du modèle de la nature, des tiges, des fleurs, des coquillages... végétales comme animales, ces formes organiques génèrent une esthétique qui aime les courbes, les crosses. La nature est le moteur de l’esthétisme "art nouveau".

Robert Mallet-Stevens appartient a une époque où la fonction devient première. La Villa Noailles (1923-28) qui domine la ville de Hyère, témoigne de ce nouvel élan. Ici pas de balcons, ni d’auvents, pas de toitures pittoresques mais des toits-terrasses épurés qui, tout en soulignant le caractère cubiste de l’époque, permet aux occupants d’admirer le bleu du ciel et de la mer. L’architecte va profité de la vu pour dirigé le regard de son occupant, je m’explique : la terrase/parvis qui l’accueille est entouré d’un mur percé d’ouvertures rectangulaires, celle-ci "encadrent" le paysage comme des tableaux, le point de vue est soufflé aux spectateurs...

Ces architectes ont offert différentes réponses. Guimard joue avec les lignes de la nature, il les stylise et se les approprie... Au final, il modele la nature selon une esthétique propre à lui. Encore une fois, l’homme cherche a dominé la nature pour se la rendre accessible. Il ya bien, malgré la volonté de s’en inspirer seulement, domination (artifices) et donc à mes yeux la cohabitation avec la nature n’est pas valable. D’autant que l’art nouveau est démodé. Pour moi toujours, Mallet Stevens ne répond qu’à moitié : la structure de la villa est pensée en fonction de l’homme et sa volonté de profiter, en gros, du soleil du midi. Dans la pensée même, Mallet Stevens exclu cette relation. En somme, ces deux propositions sont une approche de la solution mais ne sont pas satisfaisantes. Frank Lloyd Wright, architecte Américain inspiré de l’architecture japonnaise, a donner quelques exemples de maisons intégrant la nature de manière plus astucieuse comme dans Falling Water. Contre exemple de la conception occidental au Etats-Unis. Pour conclure, les occidents et les asiatiques n’ont pas la même façon de concevoir la nature en architecture. Ils n’ont pas les mêmes préoccupations.

J’aimerai juste répondre à la problématique de manière brêve. L’homme pendant toute son histoire a essayé de se désengager de la nature. Dès les premières cités, les hommes ont souhaité se créer un monde artificiel et clos pour se défendre des forces obscures de la nature. Désormais, la nature est domptée (même si partiellement) grâce à la technique, les hommes n’en ont plus peur. Mais maintenant, c’est cette même technique qui a dépasser sa fonction protectrice, et qui est entrain de détruire cette nature utile à la survie de l’homme. La pollution empoissonne aussi bien l’air que nour respirons, que l’eau que nous buvons, que les aliments que nous mangeons. Si bien que le progrès semble entrainer sa propre mort, et par la même la notre. La ville est contre la nature ? ou plutôt la ville est contre la vie ? Ces questions sont des questions majeures et actuelles : peut-on vivre avec la technique, une technique dite écologique (car nous avons en plus les moyens) tout en préservant la nature. Tout est équilibre ici, et harmonie.

- Lundi 6 Novembre "L’Amour existe encore"

Ecole d’Art d’Aix en provence -