Des sons sont issus du corps humains. "Orgue-Ane". On a enregistré des sons de ronflement, digestion, rot, craquements osseux, claquements de lèvres, bâillement. L’activité bruyante du corps, est ici une métaphore de l’activité cérébrale à l’origine de la parole. L’ordinateur devient émetteur des sons corporels et traduit en image et non plus en parole, comme le fait le cerveau. On a choisit un clavier de synthétiseur pour l’installation. De là, le titre : Orgue-âne. En anglais, orgue se dit "organ" qui est le calque du français "organe". Etant donné le contexte, en référence aux bruits, nous avons pensé à l’âne. Ce qui donne donc "Orgue-âne". C’est un peu comme une mauvaise blague. L’ instrument joue l’image. Chaque son est relié à une figure géométrique qui se déplace, évolue suivant l’intensité du son. On pense aux poèmes bruitistes, écouter l’image regarder le son… Graphiquement, ce sont des formes géométriques stables qui se meuvent, se déforment une fois le son déclenché, et reviennent à leur forme originelle une fois le son fini. Ici c’est une idée d’un processus de création. Un forme simple et unique se développe, se complexifie, se diversifie, puis revient à son point de départ. Un cycle de vie espéré imagé.
L’installation comprend un clavier midi, un ordinateur, et un vidéo projecteur. Notre volonté n’était pas de créer un réel instrument de musique (et encore que, par manque de temps). Au final c’est juste plus trop sérieux.
