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05 Atelier Volume

Atelier Volume

Nous avons découvert l’atelier volume. Un nouvel espace, une autre ambiance, loin des ordinateurs auxquels nous nous étions accoutumés depuis quelques mois. On va enfin pouvoir se salir les vêtements : quel plaisir ! Nous faisons connaissance avec nos deux nouveaux professeurs, France et Robert.

Notre tout premier travail, en amorce du réel atelier volume, consistait à mouler dans le plâtre un objet par groupe. Dans notre cas il s’agissait d’un dinosaure en plastique, dont nous n’avons moulé que le cou. Cela nous a servi de base, de première expérience de moulage.

Première phase de l’atelier volume : nous apprenons que nous allons être assistés d’un intervenant, un jeune artiste d’une trentaine d’années, ancien élève de l’école, Lionel Scoccimaro. Il nous propose donc (ou plutôt nous impose) un sujet commun de travail basé autour de l’insulte et de l’alphabet pour les sourds-muets. En bref, il voulait que nous formions une insulte de notre choix (bien qu’il la demandait très virulente), avec des moulages de nos mains formant des lettres de l’alphabet sourd-muet. Après de nombreuses propositions, discussions, hésitations, votes (25 élèves oblige), nous nous sommes arrêtés sur l’insulte « dans ton cul », l’intérêt de cette insulte résidant dans l’idée des doigts de la main, puis plus tard du banc sur lequel on ne peut pas s’asseoir, mais l’idée du banc est postérieure.

Nous devions donc former dix lettres avec dix mains différentes pour créer notre phrase. On m’a attribué la lettre « D », donc la toute première. Nous avons moulé nos mains avec de l’alginate, un produit qui offre une définition très précise et très belle. Malheureusement, pour le moulage de ma main, le plâtre a été bloqué par quelques bulles d’air qui l’ont amené à m’amputer de deux morceaux de doigts.

D

La question était désormais de savoir que faire de toutes ces mains, mais l’idée vint très vite : construire un banc pour les fixer. L’idée du banc est simple : la phrase, « dans ton cul », est exprimée par des doigts, le banc est l’objet sur lequel on s’assoit, ainsi le banc ne peut être utilisé ; puis si un malin a l’audace de s’y asseoir, les doigts se placeront, en effet, dans son postérieur. Cela joue d’ironie, étant donné que le passant infortuné ne pourrait lire, à moins bien-entendu de connaître l’alphabet sourd-muet, le message délivré par nos mains. Nous avons donc construit notre banc. Avec l’aide de l’atelier bois et de quelques calculs, nous avons vite trouvé de quoi le construire. Il fallut tout d’abord le poncer, le peindre (en vert, cela va de soi), puis le monter. Après cela il fallut fixer toutes nos mains dessus dans l’ordre, inscrire l’alphabet sourd-muet au dos du banc pour que l’on puisse déchiffrer le message, et notre pièce était finie.

En trois jours, nous avons créé une pièce que nous avons tous jugé comme plutôt réussie. Lionel nous avait fait travailler intensément et nous avions un résultat. Ce banc est resté le symbole de cette première année, de notre collaboration commune.


banc dans ton cul


Seconde phase de l’atelier volume était centrée autour du moulage de nos visages. Une fois nos visages moulés, France et Robert nous ont proposé de créer nos figures en latex. Le procédé est simple mais long : on vaseline un petit peu l’intérieur du masque en plâtre, on applique le latex liquide au pinceau, puis le faisons sécher un certain moment au sèche-cheveux afin qu’il durcisse. Cela en plusieurs couches jusqu’à ce que le masque soit suffisamment épais. Un résultat très étrange. A partir de là il fallut trouver quoi faire de nos masques, nous avions trois jours pour les mettre « en situation ».

Mon idée était de voiler mon masque, de façon à ce qu’on puisse identifier un visage humain sous le voile, qu’on reconnaisse les traits. L’idée étant basée sur l’identité cachée, secrète. Je pensais surtout aux monstres de foire, dont on couvrait le visage, pour mieux le laisser découvrir au public et faire apparaître l’horreur. Je me suis donc muni d’un tissu blanc, que j’ai tout d’abord déchiré puis effilé à la main (je tirai chaque fil de façon à détisser le tissu, sur certaines zones, pour qu’il ait un effet usé, vécu). Le problème, c’est que mon tissu était bien trop épais, si bien que l’on ne voyait rien en ressortir, si ce n’est le nez, mais c’était pas assez identifiable. Alors j’ai décidé de coller le tissu sur le masque, de façon à ce qu’il soit si près du visage que l’on voit bien les traits du visage. Le second problème, c’est que l’on y voyait trop, et que le masque n’était en rien un visage voilé mais plutôt un visage étouffé, l’effet était certes intéressant, mais ça ne fonctionnait pas avec mon idée.

Mon masque n’est pas réussi, et comme le temps m’a pris de cours, je ne pouvais pas en recommencer un second. Nous avions à faire une présentation de nos masques à la fin de l’atelier. Le mien étant raté, ma présentation le fut également (d’autant que je ne l’ai pas mis en valeur : pas de socle, ni accroché, juste posé sur une table). Peu importe, j’ai expliqué mon idée et je recommencerai ce projet. L’atelier volume s’achève, avec plein de souvenirs.

visage de roux

Ecole d’Art d’Aix en provence - http://ecoleart.cluster011.ovh.net