/ Étudiants / 2006/07 / 1° année (2006/7) / MÉMOIRES (1° année 2006/07) / GARRONE Elodie / 05 - Sérigraphie/Gravure

Sérigraphie

Ce fut une découverte étonnante pour moi, qui était incapable de définir le mot « sérigraphie » auparavant !

La sérigraphie se travaille à partir d’une image modèle, qui servira d’écran à la couleur, pour l’impression manuelle. L’étape de préparation est donc très importante, car seule décision personnelle dans ce travail, plutôt systématique. Sans savoir encore ce que la sérigraphie me réserve, je choisis, comme seule et unique image à exploiter, la même que j’ai précédemment utilisé en gravure : les deux arbres racines traités différemment qui se rejoignent. C’est alors que le mystère s’éclaircit de mieux en mieux lorsque Jean-Paul me dicte pas à pas la procédure. Il me propose de travailler les 3 couleurs primaires, en superposition. Les passages de couleur se font les uns après les autres, avec un temps laissé pour que l’encre sèche entièrement entre les différents tirages.

  • Préparation de l’écran :
    • le tissu vierge tendu sur l’écran est d’abord rempli entièrement d’une matière photosensible ;
    • une fois sec, l’écran complété du typon (masque sur lequel est imprimé le dessin), est passé dans une machine à ultraviolets, pour l’insolation, qui permet de réaliser le pochoir ;
    • l’écran est ensuite rincé à l’eau, au karcher ;
    • après une retouche éventuelle, l’écran est prêt à être fixé sur la table de travail.
  • Tirage :
    • préparation du papier à disposition (tous au même format) ;
    • protection des bords de l’écran par du scotch (pour éviter le débordement de l’encre sur le cadre en bois)
    • préparation de calles, pour placer le papier au même endroit à chaque impression.
      • on place une feuille de papier dans les calles ;
      • on dépose une quantité appropriée d’encre sur le haut de l’écran ;
      • on étire vers soi l’encre à l’aide d’une raclette de la taille du support, en appuyant suffisamment pour faire passer l’encre à travers les mailles du pochoir, et d’un geste uniforme pour que l’encre soit répartie de manière égale sur toute la surface du papier ;
      • on retire le papier délicatement sous l’écran pour le mettre à sécher ;
      • on peut réaliser autant de tirages que de supports à disposition, dans un temps limité (avant que l’encre ne sèche).

Le résultat est époustouflant de netteté, la couleur des encres transparentes est pure et lumineuse, tout est parfaitement imprimé avec une simplicité surprenante. La superposition des couleurs donne encore plus un effet spectaculaire ; les couleurs vibrent étonnamment. La couleur née du mélange de couches de couleurs primaires est d’une richesse particulière, c’est un brun coloré plein de subtilité. De plus, les petites imperfections lors du calage du papier pas toujours très précis, font bouger l’image et lui donne encore plus de force, qui semble sortir du papier. Les arbres prennent du relief grâce à cet effet créé accidentellement, ce qui est d’autant plus intéressant.

La sérigraphie m’a plu parce que cette technique représentait quelque chose de vraiment nouveau pour moi. Cette expérience m’a enrichie par les découvertes qu’elles recélaient. Le résultat m’a convaincu par son efficacité et son exactitude, et surtout parce que je ne m’attendais à rien en particulier, ignorant les résultats que pouvait donner ce médium. Néanmoins, je suis un peu frustré par le manque de personnalité qui en découle, le fait de ne pouvoir faire de modification et de respecter absolument le protocole d’imprimerie m’a un peu contraint (contrairement à la gravure, médium plus manuel, où il y a donc plus de possibilités)… Mais c’est aussi là une contrainte qui peut se révéler propice aux originalités, à un perpétuel travail de renouveau et de création.

Ecole d’Art d’Aix en provence -