Semaine 1 :
Durant les premiers jours de cet atelier , France et Robert nous ont appris à réaliser le moulage d’un objet aux formes assez simples tels que des bouteilles en plastique par exemple ; nous avons réalisé cet exercice avec du plâtre tout d’abord et ensuite avec de l’argile.

Semaine 2 :
Cette deuxième semaine fut très active, nous avons travaillé avec un jeune artiste : Lionel Scoccimaro .
Il avait déja un projet assez précis à nous proposer , créer un message d’insulte à l’aide de nos mains .
C’est à dire grâce au langage des signes .
Pour ce projet en commun nous avons donc moulé nos mains dans l’aginalte puis nous y avons fait couler du plâtre .
C’est ainsi nous avons créer le message "Dans ton cul ", (chacune de nos mains formant une lettre) c’est cru, court et précis mais ça a le mérite d’être clair.
Comme nous ne pouvions pas laisser ces mains seules sans une surface où les poser , nous nous sommes concertés pour leur créer un socle, nous avons opté pour un banc.
Quelques uns d’entre nous sont partis à l’atelier menuiserie pendant que les autres continuaient le moulage des mains ou effectuaient quelques retouches aux endroits où il y avait eu des bulles d’air.
Une fois le banc fini , nous avons vissé les mains dessus .
Puis nous avons inscrit les lettres de l’aphabet et leur correspondance avec le langage des signes derrière le banc afin que l’on puisse comprendre le message.
Ce fut un travail qui a demandé beaucoup d’énergie à chacun , car nous avions un délai de 3 jours à respecter .
Cette expérience nous a permis d’ être solidaire et de mettre en oeuvre un réel travail d’ équipe .
Ce fut pour moi une expérience enrichissante , j’ai approché des matériaux que je ne connaissais pas auparavant tel que l’alginate et je fus extrêmement surprise du résultat obtenu , la précision et la finesse des détails que l’on peut obtenir avec cette technique et ce matériau sont impressionnantes .
Semaine 3 :
Cette dernière semaine fut celle que j’ai le plus appréciée, chacun de nous réalisa un moulage de son visage avec des bandes de plâtres .
Puis nous avons passé plusieurs couches de latex liquide à l’intérieur de nos moules respectifs , nous étions pour ainsi dire en train de créer des masques en latex à notre image.
Pour finir cet atelier France et Robert nous ont demandé de travailler sur un projet personnel à l’aide de nos moules en plâtre .
C’est en observant ma classe et moi même qui travaillions sur nos moules que je me rendis compte que nous étions tous en train de créer nos propres masques.
Cette idée me travaillais , et j’en vins à me poser une question.
Qui ne porte pas un masque ?
Que se soit au travail , en famille , avec ses amis , en société ... Qui donc ne cache pas sa nature profonde derrière un masque qu’il s’est créé ?
Je pense que tous , nous nous éloignons trop souvent de ce qu’il y a au fond de notre être , de notre nature profonde .
Trop souvent nous nous laissons commander par les souhaits et les désirs des autres , ou bien par l’apparence , trop souvent nous disons oui, alors que nous pensons non , et nous faisons tous cela très souvent sans nous en rendre compte ; c’est comme si quelque chose nous commandait de l’extérieur et nous empêchait d’être en lien permanent avec ce qui vit à l’intérieur.
Pour ce projet , je me suis engagée dans la voie des masques , j’ai voulu en quelque sorte matérialiser le masque qui nous habite , le rendre visible.
Les meilleurs acteurs de ce jeu des masques se trouvent dans le monde .
Je suis donc partie en expédition avec mon appareil photo et mes masques en latex , et ainsi j’ai demandé au gens que je rencontrais de les porter pour une photo .
Je me suis rendue dans des magasins , sur le marché , dans une famille ,dans la rue et même dans une église.
Je notais toutes les réactions des personnes que je photographiais ; en fait je crois maintenant que j’ai fait comme une sorte de reportage.
C’est étrange, car je m’attendais à beaucoup de refus et au final j’en ai eu très peu , les personnes ont joué le jeu presque amusées .
Maintenant il m’arrive de continuer ce projet avec un argentique lorsque l’occasion se présente , car ce qu’il y a de plus étonnant c’est que je n’ai encore jamais rencontré quelqu’un qui m’a dit :" non , je n’ai pas besoin de ce masque, regarde moi , je n’en porte pas ".
