Gary Hill est un artiste né en 1951 à Santa Monica, en Californie, connu pour ses bandes et installations vidéos.
Il a étudié à L’arts Students League de Woodstock, New York, puis travaillé et enseigné dans différentes villes de l’Etat de New York. Il vit et travaille actuellement à Seattle, dans l’Etat de Washington.
Gary Hill a fait plusieurs expositions personnelles : au Centre Georges Pompidou à paris (1993), au Guggenheim à SoHo (NY 1995), au Whitney Museum de NY (1998), au Musée d’Art Contemporain de Montréal (1998) ou à l’Aarhus Kunstmuseum au Danemark (1999), Fondation Cartier pour l’Art Contemporain en 2007.
Il a reçu le Lion d’Or de la sculpture à la Biennale de Venise en 1995.
La plupart des vidéos d’art réalisées par cet artiste montrent des personnages semblant si véridiques qu’on a souvent le sentiment qu’ils sont purement virtuels.
Gary Hill raconte de petits instants, des rencontres entre les gens pendant lesquels les uns oublient pratiquement que les autres sont purement virtuels.
Il s’intéresse essentiellement aux formes abstraites de vidéo et estime fondamentale de déconstruire la vidéo sur tous les plans possibles, afin d’articuler un langage électronique.
Il se penche surtout sur les relations images sons.
Dés les années 70, Hill travaille avec la vidéo et cherche à s’éloigner des types photographiques d’images et à créer de nouvelles formes en recombinant des éléments dissociés (texte, image et langage).
À ses yeux, le développement du vocabulaire électronique est une question de langage, car le processus temporel d’écriture en vidéo correspond à la succession de processus de la pensée et de leur articulation verbale.
Le moment spécifique de la vidéo qui engendre ce mouvement réside dans le processus de rétroaction.
Hill disait dans une interview : "J’ai d’abord utilisé la vidéo en 1973. (...) La vidéo permettait une sorte de jeu en temps réel, la possibilité de "penser tout haut". C’était un processus accessible immédiatement et, apparemment, un parallèle beaucoup plus rapproché de la pensée. (...) Le temps, voilà ce qui est central à la vidéo. Ce n’est pas le temps linéaire, mais un mouvement lié à la pensée - une typologie du temps qui est accessible."
Ses oeuvres, où le corps est très présent, explorent le rapport entre le son, l’image vidéo ou numérique, et le langage, écrit ou parlé, et mettent le spectateur au coeur de leur dispositif, lui faisant ainsi ressentir une expérience physique et mentale intense.
Les oeuvres vidéos laissent peu place à des installations, où interagissent l’image vidéo, son support de diffusion et sa mise en espace.
Gary Hill refuse de se définir comme vidéaste et préfère se considérer comme un artiste explorant les spécificités de la bande-vidéo, dans ses installations, en créant un nouvel espace d’interprétation de l’image pour le spectateur.
Dans Médiations, 1986, Gary Hill utilise le même dispositif que Holly Frampton dans Nostalgia.
La vidéo prolonge ainsi, à sa façon, certaines recherches du cinéma expérimental.
Le principe de la bande est le suivant : Gary Hill décrit ce qu se passe au fur et à mesure que sa main recouvre le haut-parleur de sable.
Mais il y a une complication initiale, la situation n’est simple qu’en apparence.
Cette parole qui sort du haut-parleur, que l’on voit vibrer, a plusieurs fonctions : en nommant elle fait voir, et produit un frissonnement du sable su la membrane sonore.
Voulant dire les événements et étant déjà elle-même événement, la parole ne réussit jamais à seulement dire ce qu’elle dit sans modifier au fur et à mesure ce qu’elle cherche à saisir.
Des décalages l’écartent de toutes parts.
Quand il y a trop de sable, la voix devient sourde : dans la continuité, du début à la fin, une discontinuité, un renversement s’est donc produit, c’est maintenant la parole qui est modifiée par le sable.
La situation n’est pas symétrique à celle du début : le sable naturel tend à étouffer la parole, à lui imposer le silence ou le bruit à la place de sa puissance signifiante.
Ce que Gary Hill découvre, ce n’est pas seulement "la puissance de la parole" (comme Godard dans la bande portant ce titre), c’est aussi la puissance d’altération du dehors.
Cette bande est elle-même son propre commentaire ; le texte indique les trois pôles entre lesquels tout se joue : le dire ("speak"), le voir et le toucher ("a hand enders the picture").