L’atelier peinture se déroule en trois temps, trois semaines. Chaque semaine nous offre une approche différente de la peinture. Donc le mémoire de ce stage se découpera en trois parties :
Cette première semaine est centrée sur l’apprentissage basique et technique de la peinture à l’huile. Ainsi nous apprenons que la peinture se construit sous plusieurs couches : tout d’abord, la première couche très sombre et très fluide, qui formera les ombres et les noirs du tableau. Puis, petit à petit, on rajoute par-dessus de la couleur, du détail, en allant au fur et à mesure vers une peinture plus épaisse, jusqu’au blanc des lumières pures. Ainsi, les différentes couches formeront un rendu plus éclatant et plus percutant que si l’on se contente d’appliquer les couleurs et les lumières en une seule couche. Notre sujet était l’œuvre Les bergers d’Arcadie de Poussin. Nous devions donc refaire le tableau en appliquant les techniques de peinture à l’huile. Bien entendu, il s’agissait d’un exercice, l’idée n’étant de reproduire parfaitement l’œuvre. En parallèle nous avons appris à tendre une toile sur un châssis, puis à préparer la toile avec de la colle de peau de lapin, qu’on recouvre avec une peinture à l’eau blanche.
Le projet que nous proposait Marc Aurelle était de reprendre les différents éléments des Bergers d’Arcadie, c’est-à-dire le paysage, la structure et les personnages. Mais nous réapproprier la tableau, mais en inventant son propre paysage, une structure et des personnages, puis placer tous ces éléments en une seule peinture. Ainsi le résultat témoignerait de notre propre monde, notre ambiance personnelle.
Pour ma part, j’ai imaginé une forêt un peu austère. En guise de structure, j’ai imaginé disposer des escaliers en colimaçon autour d’un arbre ou deux. Mais le projet était trop compliqué, j’ai donc décidé d’immiscer une pyramide dans mon paysage. Mais, sans le savoir, ma pyramide était déjà présente dans ma peinture. Les personnages également, en accident, deux personnages se sont glissés dans ma peinture, se donnant un baiser.
Ma peinture relève donc plus d’une coïncidence ou d’un accident qu’à une maîtrise parfaite, ceci dit on n’eût pu imaginer une meilleure inscription, bien qu’accidentelle, de ces éléments dans ce paysage.
La dernière semaine s’est déroulée bien différemment des deux premières. Tout d’abord, parce que Jean-Pierre Julien nous a ré expliqué le fonctionnement de la couleur, avec les synthèses additives et soustractives. Justement, le premier exercice consistait à créer un travail qui repose sur la synthèse additive, donc l’utilisation simple des trois couleurs rouge, vert et bleu, en couleurs lumières. Le but étant l’expérimentation et les projets avant la réalisation d’un réel travail. Nous nous sommes donc contentés d’idées, dont la plus saugrenue était de recréer les motifs que l’on peut trouver sur un torchon quelconque, en couleurs RVB. Le second jour, Jean-Pierre Julien et Marc Aurelle nous ont demandé de prendre une petite fraction des Bergers d’Aracadie, mais de ne la repeindre qu’avec les trois couleurs primaires, donc cyan, magenta et jaune, en utilisant donc, cette fois, la synthèse soustractive. Le but étant de ne pas mélanger les couleurs, mais plutôt de les superposer pour obtenir une couleur mélangée. Dans un second temps, nous devions conserver notre première peinture, et recréer exactement la même, mais en négatif, comme un négatif photo. Nous devions alors trouver la couleur exactement complémentaire à la première. Ce second jour se concluait par un visionnage de nos différents travaux sur Photoshop, pour les mettre en négatif et voir si nos négatifs fonctionnent. Enfin, pour le dernier jour de l’atelier peinture, Marc Aurelle nous a demandé de faire une peinture de notre choix, comme on voulait, en reprenant un peu de chaque élément de tout l’atelier, mais avec une technique libre. Pour ma part, j’ai fait une peinture totalement imaginée, sans y réfléchir, en découvrant au fur et à mesure les éléments qui immergeaient.
