Stage de moulage, commençant par un projet avec un intervenant. Le sujet : écrire une phrase avec des moulages de mains en langage de sourds et muets, le ton nous avait été donné par Lionel : se devait être une injure. Je pense qu’il avait déjà une bonne idée de ce que serait le résultat, qu’il nous a plus ou moins implicitement soufflé. En définitif nous nous lancions dans la fabrication d’un banc. La phrase : « DANS TON CUL » . Bien que la présence de Lionel et son ton bourru et exaspéré et cassant et impatient ait causé tout d’abord des réticences au sein de la classe, nous avons bien travaillé ; le temps avec Lionel étant restreint nous avons du agir vite et cela a instauré une bonne cohésion dans la classe, cette partie de l’atelier nous a appris à monter un projet rapidement et efficacement alors que nous étions 25 à y travailler.
Dans la deuxième partie, France Cadet et Robert Oeuvrard avec qui nous continuions l’atelier, nous ont initié au moulage facial avec bandelettes plâtrées. Le but : faire des masques de latex. Le sujet était alors personnel. La confection des moulages et masques a été purement technique, le projet dans sa forme finale est venu en aval. J’ai voulu prendre l’idée de l’identité évidente dans le rapport au masque, au faciès, d’une manière humouristique, la tourner en une sorte d’attraction : faire comme les panneaux où, dans les foires, les badauds mettent leurs visages pour changer de corps. Cette fois-ci dans le sens inverse j’offrait à mon visage le corps de chacun et n’importe qui. Mais le résultat ne me comble pas vraiment. Peut être parce qu’il n’y a eu personne pour lui donner vie. L’atelier gravure a tout de même été une bonne expérience, encore un nouveau savoir touché du bout des doigts.
J’ai tenté de réaliser un masque le plus ressemblant possible, avec les cils et sourcils collé avec un peu de latex en suivant au mieux la forme des miens ; avec une photo de mes yeux imprimée et insérée dans les orbites. Malheureusement le latex n’a pas la couleur de ma peau et a tendance à brunir avec le temps. J’ai attaché le masque à une sructure en bois que j’ai faite puis peinte en blanc. Le tout à perdu se valeur amusante, le leger strabisme des yeux donne au masque une impersonnalité angoissante à mon goût.
Ci-joint le masque libéré de la strucure en bois :
