J’ai fait un bac scientifique, tout en sachant que je voulais faire des études d’art. Ce n’est pas que je sois illogique, mais j’aime la diversité, tout connaître et tout faire, avant de déterminer éventuellement une préférence. J’aime toucher à tout, apprendre à connaître les différentes formes d’expression, et je ne regrette pas d’avoir suivi cette année riche en culture personnelle.
Effectivement, je pense que cette année m’aura permis d’évoluer, d’apprendre à me connaître et à m’exprimer plus facilement à travers les divers « mediums ». Et surtout d’assumer mes choix.
En effet, de caractère plutôt influençable, j’avais jusqu’à présent tendance à agir pour et en fonction des autres. Puis, j’ai réalisé que j’avais des convictions, et qu’avant d’en changer, il fallait que je les assume et les défende. Je voudrais donc chercher à évoluer avec et dans le sens de ces idées, car même si elles sont « mauvaises », elles font parties de moi, et c’est en les développant et en les approfondissant que j’arriverais peut-être à les dépasser et aller au-delà, par la suite.
En effet, on m’a souvent reproché d’être « trop scolaire ». Mais est-ce un mal ?… C’est vrai que je suis une personne appliquée, minutieuse, et soucieuse du résultat. Mais cette « scolarité » me permet aussi de pousser jusqu’au bout chaque sujet, et d’approfondir chaque idée. Et j’aime faire cela. J’aime comprendre et trouver des explications aux œuvres. Pourquoi elles ont été faites, pour quelles raisons.
Marcel Duchamp avec son « Urinoir » est la première personne à m’avoir interpellée ainsi. En effet, avec son œuvre, j’ai compris que l’art n’est pas qu’une chose esthétique, c’est aussi une pensée, une réflexion, un moyen de faire réagir les gens, de l’intégrer dans leur vie, de leur faire discuter, critiquer... vivre. L’art, de toute sorte, apprécié ou non fait partie des vies, et en est indispensable selon moi.
Cependant, même en admirant les œuvres contemporaines telles que les « ready-made », je ne souhaite pas faire similairement, parce-que comme je l’ai dis précédemment, je suis une personne aimant me servir de mes mains, et minutieuse, et selon moi l’art est aussi et malgré tout quelque chose qui doit garder son côté esthétique (même si je trouve intéressant et enrichissant le fait d’avoir voulu aller au-delà.)
Mon idée serait donc de faire quelque chose de rationnel et réaliste(figuratif), tout en libérant une idée, une réflexion et une réaction du résultat. Je trouve intéressant d’exploiter les différents médiums (peinture, son, vidéo…) afin de faire dégager des messages distincts mais plus ou moins provocant et éloquents aboutissant à une réflexion « philosophique". C’est ainsi que je voudrais m’exprimer, et je voudrais parvenir à aller jusqu’au bout de cette idée, et voir si je parviens à la faire évoluer et progresser. Et ainsi, j’aurais pu avancer dans ma réflexion, et même si cela n’aboutit à rien, je pourrais alors me diriger dans une autre direction sans regrets ni remords. C’est ce que j’aurais appris durant cette année : il faut toujours essayer, et se donner les possibilités d’y arriver.
J’ai compris que ce n’était pas important de se tromper, et qu’il ne fallait pas en avoir peur si ca permet d’avancer. J’ai enfin réalisé l’intérêt de recommencer, et d’accepter ses erreurs, permettant d’exploiter au maximum ses capacités. (Je le savais déjà, mais il y’a une nuance énorme entre savoir et comprendre !).
Pour résumer mon année, je pourrais donc dire que dans chaque matière, j’aurais appris quelque chose de nouveau et qui m’aura apporté une petit bout de maturité en plus.
Lors du stage initial, j’ai appris non seulement à rechercher une idée simple et cohérente correspondant au sujet, mais aussi à l’analyser et à l’interpréter en profondeur par la suite, m’apportant alors une réflexion complète sur l’art, et me permettant de pousser le sujet jusqu’au bout en prolongeant le raisonnement.
J’ai aussi appris à travailler en groupe. Chose pas évidente, car il faut à la fois défendre ses propres idées, mais aussi accepter et respecter celles des autres.
J’ai eu la chance de rencontrer deux personnes (Maeva et Florence), avec qui je me suis « associée » à chaque fois qu’il nous était demandé de faire un projet de groupe. Car nous parvenions toujours à aboutir à un résultat complet et satisfaisant pour chacune. J’ai beaucoup apprécié ce groupe, car chaque fille avait ses idées et les défendait avec conviction ce qui nous permettait d’avancer en apportant dans le résultat toutes les idées.
J’ai toujours apprécié la photographie et le dessin, car ce sont pour moi deux moyens intenses d’observation et d’analyse des comportements des individus. Ce qui m’a toujours intéressée et intriguée. En effet, selon moi, la capture du vif, et de l’instantané par la photo ou le croquis permet de pénétrer dans la personnalité et le vécu des gens, car à travers l’objectif ou le crayon, on observe d’avantage les réactions, les comportements ou même les traits des visages, ce qui m’a toujours passionné.
Je trouve que l’observation des autres, permet une remise en question de soi-même, ce qui est fortement enrichissant.
J’aime aussi beaucoup, lorsque je croque des personnes, engendrer une sorte d’échange en créant un jeu secret dont je suis la seule à connaître la règle qui est de ne jamais me faire remarquer par la personne que j’observe.

En peinture, que j’apprécie tout autant, c’est une autre réflexion plus interne qui me préoccupe. En effet, lorsque je peints, je réfléchi beaucoup à la nature de la vie, ou simplement à la nature de l’art. C’est pour ça que j’aime faire ressortir dans mes peintures ces questionnements. Le seul problème c’est que j’ai encore du mal à me lancer pour inventer. C’est vrai que j’ai souvent tendance à « copier », et je me réfugie dans ce confort. Pourtant, je trouve indispensable de bien connaître les bases avant de se lancer dans autre chose. En effet, je pense qu’il est plus facile de créer, une fois qu’on à bien étudié et assimilé toutes les techniques, sinon, on se retrouve bloqué à un moment ou un autre dans son travail. C’est pour cela que j’aime encore chercher à reproduire des œuvres (comme les Bergers d’Arcadie) afin de me perfectionner encore dans ma technique, et petit à petit, m’exprimer d’avantage dans mon travail.
C’est ce que j’ai fait dans mon deuxième projet de peinture, où j’y ai produit un escalier donnant sur une montagne. Sujet, certes très classique, mais pas dénué de sens ni de réflexion…En effet, j’ai cherché à créer une ambiance dans cette peinture à la fois froide et encourageante, laissant alors réfléchir sur la vie, et à la possibilité de ce tableau. J’ai ainsi voulu donner l’idée qu’à travers cet escalier qui offre la vue sur un nouveau sommet encore plus haut, cette montagne loin derrière encore une fois attirante mais haute et (presque) inaccessible, il y’a toujours une volonté d’aller plus haut plus loin, et de n’être jamais satisfait de l’endroit ou l’on se trouve, car il y a toujours mieux. J’aimerais ainsi prolonger cette idée dans d’autres tableaux, toujours aussi réalistes.
En effet, je voudrais par la suite, refaire le sommet de la montagne, avec en équilibre dessus une échelle offrant encore une fois la possibilité d’aller encore plus haut.

Lors de l’atelier volume, je me suis régalée encore une fois à créer un projet à l’aide de masques, offrant encore une fois au spectateur une réflexion sur la nature de la vie.
J’ai voulu mettre en évidence l’idée du masque fictif que nous mettons pour cacher notre véritable personnalité.
Pour cela j’ai fixé un masque sur un miroir, afin de montrer que lorsque l’on se regarde, ce n’est jamais vraiment « Moi » qui est visible mais une façade extérieure que l’on expose. Face à ce premier miroir, un autre, mais qui ne reflète encore cette foi-ci pas la véritable image du premier miroir : Les couleurs sont inversées. Cela pour montrer que nous avons tous des attitudes différentes selon les personnes que l’on côtoie, on ne se présente jamais de la même manière, et l’on est perçu différemment. D’où plusieurs miroirs.
D’autre part, j’ai fixé ces miroirs de part et d’autre de l’ouverture d’une porte, passage forcé du spectateur, le rendant mal à l’aise, cerné par ses deux personnalités opposées.
Quelque soit le médium, j’aime donc faire dégager une réflexion sur la « condition humaine ». C’est quelque chose d’essentiel selon moi, et qui me passionne.
Ernest Pignon Ernest est un artiste que j’admire beaucoup pour cela. Il réalise des œuvres très réalistes pour faire réagir la population en les collant clandestinement, la nuit. J’admire beaucoup cet homme, car, contrairement à beaucoup d’autres, il fait cela sans répondre à la moindre commande. C’est un artiste qui peint pour des causes ou pour rendre des hommages, sans se préoccuper de l’argent ou du succès. Il utilise l’art à des fins politico-artistiques, afin de faire réagir tout public en lui offrant une réciprocité avec l’œuvre. Il recherche un lieu qui colle à la peau du sujet, et dont la puissance de révélation fait vivre au spectateur un choc émotionnel. En effet, la violence de représentation et de réalisme n’est pas gratuit, mais permet d’accompagner de vraies accusations (comme l’interdiction de l’avortement, le discrédit de l’humanité vis-à-vis des immigrés, les tortures…). Ses œuvres, permettent de parler à l’imaginaire collectif et particulier comme phénomène d’identification. Il sort les cadavres des placards et les remets dans la lumière, au centre du monde, donc dans la rue, au milieu des gens. Il utilise les murs pour faire parler aux yeux de tous, des crimes sociaux, économiques, racistes. Il veut faire réagir les passants. Cet artiste incarne donc ce qui m’à toujours passionné dans l’art : l’utiliser pour faire réagir la population, et lui faire découvrir les vérités du monde. J’admire donc cette manière de faire passer un message fort au travers de l’art.
Durant cette année, j’aurais donc fait des découvertes plus ou moins enrichissantes et mon penchant pour les techniques traditionnelles et surtout manuelles s’est confirmé, tels que le dessin, la peinture ou la gravure. Mais pourtant il me serait très difficile d’affirmer une nette préférence parmi les autres, car, comme je l’ai dis précédemment, je suis quelqu’un de curieux, qui aime la « polyvalence », le changement et les nouvelles découvertes.
C’est pour cela que les ateliers comme l’infographie ou même le son et la vidéo m’ont tout autant intéressée, mais d’une autre manière. Il me serait donc très difficile de faire un choix parmi touts ces ateliers, car chacun m’a apporté quelque chose, et m’a permis d’obtenir un résultat différent, mais tout aussi satisfaisant.
Pour conclure, je pourrais donc dire qu’avec quelques doutes, cette année m’aura permis de me forger une personnalité artistique et individuelle, en me remettant perpétuellement en question. J’aurais appris de nombreuses choses différentes selon les matières : apprendre à être perfectionniste et recommencer jusqu’à obtenir un travail satisfaisant en gravure, et recommencer encore plusieurs fois après pour être sûre d’y arriver toujours.
Ou bien faire sans cesse de nouvelles découvertes extraordinaires dans les logiciels de photo (photoshop), son (protools) ou vidéo (final cut), permettant à chaque fois de progresser.
Une fois curieuse des nouveautés techniques, il me reste encore à être toujours plus curieuse des nouveautés artistiques (expositions). Et de continuer à chercher sans cesse à évoluer et à me remettre en question afin d’aller toujours de l’avant. Et enfin, à développer d’avantage ma créativité personnelle.