Mon introduction sera surtout basée sur mon expérience acquise cette année à l’école des Beaux-Arts d’Aix.
Tout d’abord, il me semble important de souligner que grâce à la diversité des cours dans cette école, j’ai eu l’opportunité de toucher à énormément de choses et j’ai beaucoup appris.
Venant d’une autre école d’art, j’avais déjà quelques notions en peinture, dessin ou encore en volume, j’ai donc pu non seulement approfondir mes bases mais aussi m’essayer à tout ce qui concerne le multimédia, la photo, la vidéo ou encore la sérigraphie. Des cours tels que la philosophie, l’histoire de l’art ou l’écriture, m’ont permis de renforcer et de mieux comprendre les cours pratiques mais surtout d’élargir ma vision artistique.
Jusqu’à cette année, il est vrai que l’art contemporain ne m’attirait guère et j’avais beaucoup de mal à comprendre le sens des œuvres, que ce soit au niveau de la danse ou des installations, ne connaissant pas encore le domaine des performances et des happenings. Je compris cependant, que ce blocage était la simple cause d’une déception lors d’une représentation de danse contemporaine, mettant en scène des artistes nus répétant sans cesse le même mouvement.
Les cours qui nous ont été donnés m’ont donc beaucoup aidé dans ce domaine, me permettant d’apprécier l’intérêt et le pourquoi de ces œuvres, mais aussi de cibler le choix de mes visites.
En effet, plusieurs journées au MAC de Marseille et dans d’autres musées ou expositions m’ont permis de compléter mes connaissances en matière d’art contemporain et de les apprécier à leur juste valeur.
J’ai d’ailleurs pu découvrir certains artistes qui m’ont particulièrement marquée tels que Dan Graham, Daniel Buren ou encore Vasarely.
Œuvre de Daniel Buren. Trois cercles peints sur un mur, trois autres sur le mur d’en face. Ces cercles fonctionnent comme des reflets, un jeu de lumière venant des cercles de droite (couleurs vives, cercles incrustés dans le mur) et leur projection imaginaire à gauche (rayures colorées). Installation qui n’existe que dans un seul contexte, elle ne pourra donc pas être déplacée. J’ai trouvé cet artiste intéressant, car il fait participer le spectateur (nous pouvons rentrer à l’intérieur de l’installation), mais aussi par ces réalisations en grand format et très colorées (autre œuvre de Buren : Cabane éclatée)
En ce qui concerne Vasarely, mon attirance pour cet artiste s’explique par le fait que les illusions d’optique me fascinent depuis toute petite.
La fondation Vasarely présente des oeuvres d’art cinétique de Vasarely et de son fils Yvaral. Leurs oeuvres sont basées sur les jeux de lumière, de volume ainsi que sur le mouvement afin de créer des effets de profondeur.

La plupart d’entre elles sont géométriques mais aussi très organisées et recherchées.
Ce qui m’interpelle dans ces oeuvres est la façon dont on peut créer l’illusion et dans un sens la façon dont on peut « tromper » le spectateur.
Pour en finir avec les artistes contemporains, j’aimerais parler d’un artiste qui m’a énormément marquée : George Rousse. Cet artiste transforme puis photographie des lieux contemporains comme des usines désaffectées et des maisons oubliées, lieux de solitude, suspendus entre la vie et la mort. Il transforme l’espace au gré de son imagination et ainsi naît une image virtuelle, visible en un point unique.
Ces oeuvres m’ont vraiment touchée car elles ne se résument pas à la réalisation de trompe-l’œil, elles redonnent vie à ces lieux abandonnés et nous fait rentrer dans une autre dimension, un autre monde.

Le résultat est très étonnant, d’autant plus que j’ai eu la chance de pouvoir voir une de ces oeuvres peinte directement sur les murs de la salle d’exposition.

En ce qui concerne les cours pratiques, étant quelqu’un de manuelle, mes préférences se sont situées autour du dessin, de la sérigraphie-gravure mais surtout autour de la peinture.
J’ai toujours été très intéressée par tout ce qui est manuel. En effet, pour moi les sentiments, les émotions passent par la plume ou le pinceau, ces derniers étant la continuité de la main. L’esquisse et le croquis révèlent la personnalité de l’artiste, le trait ainsi que la manière de le tracer en dit long sur le passé du dessinateur.
Pour la peinture, il me semble qu’il en va de même. Une toile révèle beaucoup plus que ce qu’elle ne paraît.
Mon attirance pour la peinture se situe aussi dans la multitude de possibilités de représentation qu’elle apporte, un sujet pouvant engendrer une infinité de propositions.
Jusqu’à l’année dernière, je ne m’étais pas vraiment penchée sur cette matière. Puis, au fur et à mesure, je me suis risquée à des techniques inconnues, et surtout pris goût à la matière même de la peinture. J’aime beaucoup superposer des couches et des couches de peinture, de façon à y retrouver une couleur inexistante fabriquée par transparence.
Cependant, je suis très perfectionniste, parfois trop d’après mes professeurs, il est vrai que j’aime les choses bien faites. Je suis assez exigeante envers moi-même.
Comme référence artistique dans le domaine de la peinture, je cite souvent Salvador Dali ou René Magritte.
Portrait de Dali
En effet, le mouvement surréaliste influence régulièrement mon travail.

En ce qui concerne les cours de peinture qui nous ont été donnés cette année, j’ai beaucoup aimé travailler avec Marc Aurelle et Don Jacques. De plus, nos cours ont été très enrichissants mais aussi très productifs, malgré le peu d’heures dont nous disposions. Ils m’ont permis de mieux connaître la peinture, ses pigments et surtout de nouvelles techniques.
Le travail se faisait aussi dans la précipitation, c’est-à-dire que nous avions peu de temps pour réaliser nos peintures. Travailler dans ce laps de temps si cours m’a obligé à changer de technique. Dans un sens, cela m’a permis d’évoluer. En effet, auparavant, je passais un nombre incalculable d’heures devant ma peinture, afin que chaque détail ressemble le plus possible à la réalité.
Cependant, lors de nos cours cette année, il m’était impossible de soigner autant mon travail, ce qui m’obligeait à travailler la totalité du tableau et non plus partie par partie comme je le faisais avant. Ainsi, je me suis rendu compte que travailler rapidement, moins dans les détails, pouvait rendre un résultat autant, voir plus intéressant, permettant une vision plus globale de la peinture.
J’ai aussi apprécié les sujets donnés, je les ai trouvés vraiment enrichissants, basés sur le tableau de Nicolas Poussin Les bergers d’Arcadie et très diversifiés, nous permettant aussi un rappel sur les bases même de la peinture. Le fait qu’ils soient assez ciblés, dans le sens où nous devions travailler sur cette œuvre célèbre, parfois même en reproduire les détails, et en même temps assez ouverts, nous laissant la liberté de réaliser notre peinture selon nos envies, permettait une approche personnelle (chacune des réalisations étant très différente), en laissant libre cours à notre imagination et nos désirs.
J’ai donc pris beaucoup de plaisir à travailler dans l’atelier peinture et je me permet de dire que plus de cours en première année ne ferait de mal à personne.
Pour parler un peu des cours de dessin dont on a dû se dispenser une bonne partie de l’année (car nous n’avions aucun professeur), malgré l’intérêt que j’y porte, je n’ai pas vraiment été attirée par les sujets proposés.
Peut-être étaient-ils trop superficiels et pas assez poussés ?
Cependant, n’appréciant généralement pas vraiment les cours de modèle vivant, cette année j’ai pris un réel plaisir à dessiner des nus, ce qui m’a permis de faire évoluer mon trait.

Dans une sorte de petit travail personnel, je me suis aussi intéressée à l’architecture.
Petit travail de perspective
Cette école m’a beaucoup aidé à mûrir et surtout à évoluer dans mon travail. J’ai une nouvelle approche de l’art, grâce à mes visites d’expositions et de musées de toutes sortes ainsi que grâce à des cours très variés.
En effet, tout ce qui concerne la vidéo, le développement de photos argentiques, le traitement de numériques sur Photoshop, les logiciels de montages de sons comme Protools, sont pour moi des approches entièrement nouvelles et enrichissantes qui m’ont permis d’élargir mes connaissances et d’avoir une vision beaucoup plus large de l’art en général.
Si je n’ai pas développé toutes ces nouvelles approches, cela s’explique par le fait que je n’y suis pas encore très à l’aise. Bien que j’ai découvert de nombreuses choses, cela m’a moins passionné car même si j’ai beaucoup appris, je reste attirée par les travaux manuels.