Le cours de première année, en s’interrogeant particulièrement sur le concept de dispositif, aura pour objet principal l’actuelle transformation du statut de l’art et des oeuvres. Ce sera l’occasion de rappeler des conceptions classiques essentielles de la théorie de l’art et de l’esthétique. Mais ce sera aussi le cadre dans lequel pourra s’interroger la relation entre l’art et les techniques, comme entre l’art et les formes sociales de la culture et de la production. Il y a une curieuse correspondance entre l’idée, de plus en plus présente dans le monde de l’art et dans les théories esthétiques, de l’art comme expérience plus que comme objet, et des analyses, comme celle de Jeremy Rifkin, sur le passage d’une économie de marché où s’échangent des biens, à une économie de l’accès où se distribue des expériences. Le parallélisme entre les deux est flagrant, de même que le rôle que jouent dans les deux cas les technologies, comme supports d’une économie en réseau, comme fondement d’une esthétique du dispositif. C’est dans ce cadre que l’idée du jeu prends toute sa valeur, à la fois comme modèle d’une activité centrée sur l’expérience, comme prototype d’une activité intégrable dans une économie marchande, et contradictoirement comme activité non marchande, forme de résistance à la logique du profit.