Cet article est le devoir de philosophie rendu.
Philosophie
Les bases de ma réflexion
Le positivisme était la seule approche philosophique que j’avais eu et qui incorporait le concept de Machine superficiellement.
En fait, le concept même ne m’intéressait pas vraiment et je rejetais cet univers : mathématique, ordinateur et mécanique apparaissaient loin de mes préoccupations immédiates. Je n’y comprenais pas grand chose et pensais m’y opposer.La machine était pour moi mauvaise. Mais le cours a permis de mettre en lumière le lien intime que j’ai avec elle, ainsi que tous ceux de ma génération : jeux vidéo, caméra, cinéma, musique, voiture, logiciel et autre…nous entourent. La machine nous entoure et elle est plus complexe que prévue.
Dans ma première partie je vais donc me consacrer à son étude : d’abord comment m’entoure-t-elle, puis ce qui m’y intéresse. La suite est sur ma perception de l’art, puisqu’elle est constamment sollicitée. Je vais tenter de mettre en lumière ce que je ne sais pas encore. La troisième partie, est sensible, puisque je vais lier les deux premières pour voir leurs oppositions, et leurs liens…
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Machines.
Observations…
Pour commencer, les machines m’entourent de manière objective, sous forme d’objets : grille-pain, télévision, téléphone, lampe, réfrigérateur, mp3 et j’en passe. De toutes ces machines, il y a celles qui facilitent et simplifient l’effort physique : lampe, et grille-pain par exemple, évitent des manipulations, comme faire griller ou éclairer à la bougie. Mais celles qui m’entourent le plus, sont celles qui véhiculent l’information comme : la télévision, la radio et autres. Ces machines d’informations sont essentiellement visuelles et ou auditives. Elles transmettent un "Flux" d’informations continuelles. Avec cette capacité de communiquer l’information, leur présence est plus forte. Elles incarnent notre époque, après une révolution industrielle qui a changé le monde physique et sa perception (modification de la production, du transport, et de l’armement), nous sommes dans une évolution qui modifie directement le monde psychique ; notre intimité intellectuelle et nos sens sont changés par le " Flux "
Ma génération, est noyée sous l’information, j’ai la sensation d’être, où que je regarde, submergé par des images et des sons. Tout arrive de façon permanente et c’est une habitude : mail, net, télé, radio, images publicitaires, échange entre amis, cours, lecture, et je ne parle pas encore de tout l’émotionnel qu’il faut gérer.
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Tout ce "Flux" semble au fur et à mesure que je l’absorbe me couper de l’instant présent alors qu’il est déjà difficile de le vivre simplement. L’attention est sollicitée de façon permanente, que faire de toutes ces choses que nous ne choisissons pas et qui viennent nous percuter ? Comment ne pas se sentir parasité ?
La concentration, la conscience, le recul, semblent être des notions à "digérer" et mettre en place pour ne pas se noyer. Tout cela ressemble étrangement au grand divertissement de Pascal : je suis tenté de me connecter dès que possible avec n’importe quel média, du moment que cela comble le vide.
Ce rapport à la machine et ses fruits peut paraître manichéen, mais il n’est pas dénué d’ambiguïté : face à des interfaces de plus en plus performantes et ludiques, la machine est de plus en plus une extension de la pensée. Les mouvements tactiles, de glisse (donc de sensation) et les commandes vocales, articulent de mieux en mieux mon esprit à la machine. La facilité, la rapidité, et le "Flux" m’intègrent à elle et stimulent toujours plus mon esprit ; comme si du bout des doigts tout m’était accessible. Le réseau devient le prolongement de mes synapses. Mes yeux ouverts avalent des images travaillées et agréables continuellement. Devant certaines machines une excitation, et une foi dans le futur m’envahie.
Deux choses se confrontent alors dans mon quotidien, plus je me rapproche de la machine, plus j’ai tendance à n’être objectivement qu’un légume. Car de l’autre coté de l’interface il n’y a pas de malaise ; mais pour moi c’est comme une gueule de bois : Je me réveille comme s’il y avait eu la fête de l’information : je ne me souviens plus de tout de ce que j’ai consommé.
Le "Flux" nous coupe du monde physique faisant de la vie une construction psychique, virtuelle, mouvante. En réaction à tout cela, comme pour exciter notre rapport inhibé au palpable, nous développons un grand appétit pour consommer.
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Le personnage de Tyler Durden dans le film Fight Club dit : "On a pas de grande dépression ni de grande guerre… Notre grande guerre est spirituelle, notre grande dépression c’est nos vies", pour moi cette phrase raisonne avec l’absence de but qui se voit dans la passivité latente de ma génération, pas une passivité politique mais une passivité du quotidien. Elle surgit une fois le "Flux" éteint : que faire de nos vies comme si "on" en tout cas, moi, j’attendais l’illumination ou plutôt dans un premier temps la révélation ; coupés de toute problématique vitale nous nous réifions.
Voila comment dans mon quotidien je perçois les répercutions des machines : par l’utilisation qui en est faite, elle tend souvent à nous couper du monde intelligible, du présent, pour nous plonger dans une construction psychique d’un monde virtuel qui nous éloigne les uns des autres.
Ce que cela implique
Cependant, malgré l’utilisation souvent néfaste qui en est faite, la machine est devenue un concept qui m’intéresse, de par son étendue dans la vie, et la place croissante qui lui est consacrée mais aussi par sa constitution. L’évolution amenée par la Cybernétique m’interpelle, car elle ouvre un champ d’abstraction dans la machine concrète, dotée de mémoire, de "neurones" de feed-back, de codes, elle n’est plus une totalité de rouages. Ma curiosité a peut-être soixante ans de retard mais les fondements de la Cybernétique se projettent depuis soixante ans dans des futurs fictifs : 2001 l’Odyssée de l’espace, Blade Runner, Ghost in the Shell etc.
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Des trois avancées qui fondent la Cybernétique, celle qui m’interpelle le plus est le Feed-back : modifier l’entrée par rapport à la sortie, cette capacité implique que la machine qui en est dotée fait "l’expérience" d’un événement. Un système qui prend systématiquement les données d’un événement en compte, peut-il changer son comportement ? Changer sa norme et évoluer, mais jusqu’à quel point ?
Mes connaissances en la matière ne sont pas assez conséquentes, pour comprendre pleinement le processus que cela implique. Ce que je peux en conclure, c’est que les machines peuvent, dans une certaine mesure, être intelligentes. Une machine peut-elle penser ? Ressentir ? Tout simplement être consciente comme nous le sommes ?
Il est de plus en plus clair pour moi, que non, en tout cas pas de la manière dont nous pouvons l’imaginer… Penser, ressentir et être conscient (ou inconscient) de notre existence sont des concepts immanent de notre condition d’être humain, ils nous sont propres et difficiles à percevoir clairement chez soi et l’autre. Ils englobent l’homme dans sa totalité corps esprit.
Pour qu’une machine puisse prétendre à ces capacités, il lui faudrait un corps sensible, ainsi qu’un cerveau, dont les constructions actuelles qui s’en rapprochent n’ont pas le même fonctionnement que le notre, il faudrait que le neurone de Mc Culloch et Pitts soit plus abouti. Il y a aussi un problème effectif à la mémoire, qui est certainement l’un des fondements le plus important de l’identité, qui ne peut être assimilé à la mémoire informatique, qui classe des codes ; nous, nous gardons les souvenirs de manière infiniment plus complexe : qu’ils soient bons ou mauvais, conscients ou inconscients, les choses ne sont jamais claires et n’apparaissent pas logiquement, le fameux phénomène de la madeleine de Proust ne peut s’expliquer dans un calcul, notre mémoire est liée à l’affect et au corps.
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La physiologie ne peut quantifier la pensée, le sensible, et la conscience (ou l’inconscient) dans des calculs pour en faire des normes. La science pourra peut être simuler une vie artificielle, elle pourra peut-être produire une chose qui se rapprochera plus, d’un équivalent d’animal intelligent, mais qui n’est pas un homme.
Je garde à l’esprit le phénomène de l’émergence : le réductionnisme du mécaniciste se heurte à cette thèse. Les puristes pour qui, tout n’est que matière, pour qui, la totalité n’est que la somme des parties, ne peuvent tout réduire et calculer : il y a plus dans le "tout" que dans les parties : de l’association de deux parties, une troisième inconnue apparaît, ainsi on ne peut pas trouver la cause d’une particularité. Il y a toujours une inconnue qui émerge.
La machine est pour moi un formidable outil de transformation intelligent, dont l’utilisation peut perturber notre "équilibre". La place croissante qu’elle occupe, l’articulation toujours plus aboutit entre elle et nous, ainsi que le "Flux" de plus en plus important et agressif, doit nous pousser à la vigilance.
Malheureusement ou heureusement en tout cas, c’est un fait, pour l’instant, on ne peut pas arrêter le progrès. Il faut donc se préparer à son évolution, et au fur et à mesure qu’elle change le monde et l’homme, il va falloir s’adapter : prendre du recul et chercher, plus qu’à aucune autre époque, ce qui nous définit comme humain. Ne pas utiliser les machines à tort et à travers serait une solution ; mais cela ne sera pas le cas, nous aurons de plus en plus besoin du supplément d’âme de Bergson pour ressentir où nous mènent ces extensions futuristes. Sans supplément d’âme, nous allons être de plus en plus assujetti à "l’Hübris".
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Art
Finalement… Qu’est-ce que je comprends ?
Etre étudiant en art c’est souvent avoir à supporter des questions et des discours stériles sur l’Art avec un grand A. Je regrette au cour de ces débats de ne pas vivre au 16ème siècle où l’Art était simplement de représenter le Beau éternel… Avec l’Art contemporain c’est tout un champ "d’emmerdeurs" stéréotypés qui vient m’agresser, leur frustration de ne rien y comprendre gravée sur leurs sourires cyniques. Mais comment en vouloir à qui que ce soit ? Je ne trouve pas l’art d’aujourd’hui facilement accessible. Tous les jours j’apprends, et de nouvelles choses me touchent, mais c’est par l’étude que j’y parviens. L’Idée d’un art accessible à tous pour tous est souvent teintée d’hypocrisie, l’idée est louable et fait rêver mais je n’ai toujours pas vu son application. Aujourd’hui, je n’ai pas non plus le souvenir de définition (souvent demandée) radicalement explicite et qui mettrait l’art contemporain en accord.
A vrai dire je ne veux pas de définition catégorique pour l’art, s’il en fallait une ce serait pour me débarrasser des cyniques. Je n’ai pas la prétention de trouver une solution pour une définition littérale, parce que tout simplement ce n’est déjà pas évident pour moi, alors je ne vois pas comment je pourrais tenir un discours catégorique.
Néanmoins quelques convictions m’animent, je pose sur l’art quelques caractéristiques, qui sont totalement subjectives, elles désireraient mais n’ont pas la prétention d’être universelles. Elles sont le produit de l’observation que j’ai pu faire de différentes oeuvres : peintures, dessins, musiques, films, photos, sculptures, et lectures.
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Je suis loin, d’avoir une culture satisfaisante, disons que j’en ai assez,pour savoir que je n’en ai pas assez, donc je ne veux en rien paraître prétentieux dans mon entreprise.
J’ai donc ressenti différentes choses pendant les observations que j’ai pu faire, et avec honnêteté, c’est le plaisir qui me guide, (je vais mettre de côté la pensée Kantienne du "relativisme" pour ne pas m’emmêler les crayons), c’est donc le plaisir qui me guide, le plaisir classique de l’émerveillement où je me sens enfant, celui de voir les choses sous un angle neuf, avoir une lumière là où avant il n’y avait rien. Gourmandise et curiosité me guident face à des mondes nouveaux, l’excitation de rencontrer quelque chose d’encore inconnue. Deleuze disait qu’on ne rencontre pas des personnes mais des idées, une association de choses et, « tac », "émergence" quelque chose d’inconnue se produit, la magie opère et je fais une rencontre. Les idées peuvent me conforter dans ce que je comprends du monde, ou me perturber et cette non stabilité est stimulante, je peux reconnaître aussi quelque chose ou m’attarder sur un détail, la culture arme et aiguise la sensibilité. Pour finir, le plaisir ultime est de le partager. Voici les caractéristiques que j’y attache : Une partie de la pensée d’Hegel veut que le génie de l’artiste révèle son époque, sans entrer dans sa réflexion sur "l’odyssée de la pensée humaine" cette idée me touche. Si artiste il y a, par sa sensibilité il baigne dans son temps : il doit être capable de l’analyser, de mettre le doigt sur ses particularités qu’elles soient rebutantes ou délicieuses : il les observe, les vit, les porte, les digère, pour enfin nous les restituer. . L’art est ainsi lié et habité par les particularités de son temps, ce qui n’enlève pas son intemporalité, mais le situe tout de même ; c’est une chose particulière car une oeuvre peut être autant propre à son époque, que parler d’actualité future.
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L’émergence a donc ici un rôle primordiale, puisqu’elle est la finalité même de l’acte artistique, qui en "trafiquant l’inconnue" (Bernard Blistène) métamorphose les matériaux utilisés et manifeste ainsi une trace de l’incalculable, créant une particularité qui lui est propre.
Il y a un lien intime entre, inconnue, particularité et identité. L’artiste est du coup une sorte de chercheur de l’émergence : en mettant les particularités en lumière il donne des caractéristiques de l’identité, collective et propre.
Ainsi il n’est pas anodin de voir dans l’histoire l’attache de la religion à l’art : l’inconnue et l’incalculable qui apparaissent, la sublimation qu’il peut provoquer en nous peut être ressentie comme une action divine. Chercher le pourquoi de cette inconnue et pas le comment, dépasse la science et touche la spiritualité qui est pour moi au coeur des questions artistiques.
Pour finir sur cela je dirais que l’art touche tellement de domaines que sa définition pourrait être de ne pas en avoir ? Qu’il ne sert ouvertement à rien dans la notion courante de l’utilité, qu’il est comme le dit Hegel "le dimanche de la vie". On peut aussi s’amuser à dire, qu’avec des propositions faites par des artistes comme Duchamp, que l’art est la seule chose qui peut se définir de façon radicalement positive : rien ne peut ne pas être de l’art. Je peux aussi traduire ma pensée en disant qu’il est un jeu imaginatif, révélateur de particularités qui touchent le sensible.
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Possibilités.
Machine et Art auraient une liaison !
Ce qui me vient en premier à l’esprit ce sont les fictions qui parlent des machines : science fiction et culture Cyber punk offrent une quantité d’interrogations sur les fondements de la cybernétique et sa place dans la société actuelle et future. Ces fictions traitent généralement de l’intelligence artificielle, de mutation homme machine, du rétrécissement de la frontière qui nous sépare d’elle. Cette manière de parler de la machine : c’est d’en faire le sujet, mais elle n’est pas forcement que sujet, elle est très souvent outil et extension de l’artiste : camera, instrument de musique et autre. Elle permet de développer, avec l’ordinateur et ses logiciels, des espaces de simulation virtuelle, où elle devient plus qu’un outil, exemple internet.
C’est la possibilité de produire des objets de factures industrielles. L’artiste peut fabriquer des machines inutiles et ainsi interroger sur la notion d’utilité etc.
Mais c’est aussi le développement de normes, de règles qui systématisent certaines actions, sans machine à proprement parler, l’artiste devient machine par l’application de protocole dont il a fixé les normes, il se sert de son concept.
La machine dans l’art peut donc être un outil, un sujet, une production, un concept ou un mélange de tout cela.
Ce qui peut frapper en premier lieu c’est l’opposition vivant/machine, que l’art, production caractéristique de l’être vivant humain (jusqu’à preuve du contraire), puisse être mis en relation avec des machines, des outils calculés alors que l’art est tout sauf prévisible. L’idée de l’art se détache du calculable contrairement à la machine qui y est enchaînée par sa composition même.
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Je m’explique : partisan de l’existentialisme, la conscience n’est pas pour moi, un épiphénomène, mais la preuve fondamentale de la possibilité d’assumer et de vivre sa liberté, de plus, les théories de l’émergence viennent renforcer ma conviction que les schémas déterministes et réductionnistes sont branlants ; leur importance est réelle : la preuve de leurs fonctionnements se démontre souvent dans des sciences telle que la sociologie mais elles se trouvent fondamentalement bancales à d’autres moments avec l’économie notamment, qui c’est retrouvée il n’y a pas si longtemps avec le "slip sur la tête". Tout cela pour dire quoi ? Pour dire que l’art, expression de liberté, s’oppose à la machine dont le propre est d’être prévisible.
Pour finir sur leurs oppositions, l’utilité semble l’étendard prétentieux des sciences qui opposent l’utilité fonctionnaliste des machines, à la non utilité concrète de l’art. Il est d’un point de vue positiviste et simpliste inutile, sans fonction précise, voire négligeable. Il est alors amusant de voir que dans l’histoire des civilisations, certains peuples n’ont jamais utilisé de machine comme nous la pensons, par contre, partout, sous n’importe quelle forme qu’il soit, l’art s’est implanté dans la culture. La machine si objectivement utile pour nous, n’a pas toujours été indispensable, alors que l’art a toujours été présent. La machine et la science cherchent le comment alors que l’art englobe le pourquoi. Leur relation est pourtant plus ambiguë qu’une simple opposition, car comme je l’ai dit au début, l’art s’est très vite emparé de la machine, pour, dans, et avec ses productions. Comment les lier… Et bien commençons par observer, que tous deux sont des créations humaines. Elles partagent ainsi le statut de création et portent en ce sens bien des concepts communs.
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Car toute création est liée au concept que je nommerais "Frankenstein" : Tout ce qui naît, et qui est donc le fruit de l’assemblage de plusieurs éléments, acquiert des facultés qui lui sont propres, comme nous l’avons vu cela se nomme l’émergence, mais cela implique qu’une fois créé, tout objet tend à une certaine "autonomie".
Quand l’objet est pensé, qu’il existe en nous, que ce soit une machine, une tortue Ninja, ou un tableau, l’idée nous appartient pleinement, alors que paradoxalement sa non matérialisation l’a fait se mouvoir et le rendant non constant ; il reste cependant à nous. Mais une fois créé, matérialisé, il n’est plus totalement notre. Lorsque nous créons nous devons donc accepter le résultat tel qu’il est, aussi parfait et ou imparfait qu’il soit, il est un cadeau au monde extérieur.
Pour une machine par exemple c’est l’utilisation qui en sera faite qui n’est pas totalement prévisible, ainsi que l’impact qu’elle aura sur nous, comme le malaise dont parle Bergson, lorsqu’il nous dit que pour vivre dans un monde rempli de machines, d’extension de notre propre force, nous avons besoin de supplément d’âme pour ne pas se sentir écrasés.
Pour l’art prenons l’exemple de la création d’une oeuvre littéraire : imaginons une émotion qui traverse l’artiste, puis une réflexion, il couche cela dans un texte pour tenter de comprendre. Il y parvient, et pour lui désormais, c’est clair, mais les mots sont là et soumis à la lecture de perceptions différentes. C’est de cette manière qu’une oeuvre, au travers de l’autre, existe différemment, et qu’elle acquiert une autonomie.Pour finir l’art peut même être considéré comme une machine… N’est-il pas un outil de transformation ? Il transforme la perception. L’écriture machine a transformé la mémoire, l’émotion, la vie, de même pour les autres techniques.
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La technique lie les deux, parfois cette idée est l’enjeu même de la création, l’exemple que vous avez donné avec Raymond Roussel le montre.
Que faire ?
L’artiste en tant que révélateur de son l’époque s’inscrit pleinement dans les questionnements qu’induisent les machines d’aujourd’hui. L’atelier devient, un laboratoire, et il appartient à qui le veut, de le voir, pourquoi pas, comme un "temple". Il y a une infinité de possibilités qui s’ouvrent à ces questions, et leur exploration pourrait être le sujet d’un autre devoir, voire de plusieurs vies.
Pour ou contre n’est pas la question mais pourquoi et comment. Devant moi se dessine une infinité de possibilités, j’ai des projets hésitants, mais j’y viens…
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