(Article extrait du numéro d’avril 2000 du magazine 123Culture)
>>>Rubrique : regard nouveau <<<
Aujourd’hui je cède la parole à la critique d’art Dufie Mathourd pour notre rubrique d’actu littéraire afin qu’elle introduise l’ouvrage de cette semaine, Eyes on DeStroy 70’s, aux éditions FlashLife.
"Je ne prétend pas refaire le monde(…), j’y déclenche des impulsions". Enrick Bonham Mayfield, artiste à découvrir ou redécouvrir dans ce magnifique ouvrage de Marika Burniso pour le plus grand plaisir des yeux. Cet artiste des années 80 tout droit sorti des quartiers défavorisés de Détroit à su marquer son temps et les générations à venir de par un travail photographique et musical riche et inspiré. Des usines désaffectées de la banlieue de détroit à celles de Berlin en passant par les portraits d’un étonnante sincérité de ses amis musiciens tels que Jeff Mills . Bonham Mayfield à su imposer son oeuvre comme une part majeure de la photographie d’art. Loin des clichés du genre faisant étale d’une misère apitoyante à quiconque s’y prête, l’artiste nous livre un travail bouleversant de maturité. Il porte sur le dur milieu qui l’a vu naître un regard à la fois brut et poétique et la simple vue d’une de ses oeuvres est une totale immersion dans le Détroit authentique des années 80. Non content d’offrir au spectateur des images d’une beauté évidente Bonham semble avoir un don de composition exceptionnel. Dans chacune de ses photographie de bâtiments délabré, l’âme du lieu semble irradier du cliché, nous hypnotisant et nous capturant dans un état de contemplation admirative. L’excellent ouvrage de Marika Burniso nous présente l’ensemble de son oeuvre photographique ainsi qu’une biographie et des témoignages de l’auteur. Sorti depuis Janvier il est déjà parmi les livres d’art les plus vendus cet année. Rien d’étonnant à cela en effet, dès les premières pages de textes retranscrivant la jeunesse de l’artiste, on ne peut qu’être profondément touché par son vécu et son évolution au sein d’un climat aussi hostile que le Détroit de ces années là, privé de son père au coeur de l’enfance le jeune Enrick s’est très vite révélé être quelqu’un de riche et sensible, il a très vite développé un penchant pour l’art notamment la musique puis la photographie. C’est à peine au sortir de l’adolescence qu’il réalisera ses premiers clichés. Sa jeunesse sera également bercé par les influences musicales de ses amis de quartier, Jeff Mills et Derrick May, qui deviendront par la suite des pionniers du mouvement Techno. Très vite ses oeuvres singulières se distinguèrent du flot d’images réalisées sur le sujet répandu du milieu défavorisé des ghetto noir du nord des Etats Unis, il a été le premier à parvenir à toucher son public sans faux-semblants, simplement en mettant son immense sensibilité au service de ce qu’il cherchait à dénoncer.
Nul doute que Enrick Bonham Mayfield continuera de briller et d’inspirer les générations d’artistes à venir, nous citerons par exemple dans nos artistes nationaux en vogue en ce moment, Jean-Christian Bourcart qui semble marcher avec succès dans les pas de notre artiste fétiche de la semaine !
D.M
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Eyes on DeStroy 70’s, par Marika Burniso aux éditions FlashLife.(45e.) |