Critique issue de Eyes of sharks, mois de mars, par Ranud Sytik. Retrospective de Enrick Bonham Mayfield.
Cet artiste vide, froid et impétueux malgré ses relations plus que présentables ( proche de Derrick Mayne, Jeff mills, kelvin Saunderson…) a su s’embourgeoiser sans nous enflammer.
De ce vivier foisonnant que fut Détroit, Mayfield en a tiré des images sans âmes, figées en noir et blanc sur un papier qui exprime plus l’anecdote que l’intemporel et un mauvais journalisme qui se voulait couvrir une épopée musicale et éternelle. Mayfield à réussit à nous faire sentir le mauvais penchant de la techno : binaire , abrutissante et dénuée d’humanité. Une pilule qui passe mal. Il n’a pas retranscrit la fraicheur initié par le mouvement, ni la force de composition et l’autosuffisance des architectures du travail des Bescher dont il se targue à plusieurs reprises de réferencer comme ses maîtres qui deviennent figures pâles, et lointaines. Mayfield s’est entouré de figures héroïques dont il a su tirer ses avantages et s’est contenté de ces paternités mondaines dont il n’a pas su se détacher, ni même se nourrir. On lui accorde sa présence, à une époque qu’il à été difficile de couvrir, mais on ne peut oublier d’évoquer en parallèle le livre de Estebàn Locos qui exhume une force narrative bien plus puissante et constitue un témoignage poignant sur la période. "Detroit dedroïde photography", 1991. Pour conclure Mayfield nous livre une sorte de délire sobre, désordonné et incohérent, qui nous ennuie.
Ranud Sytik co-auteur de 8-bit fever, a story of tales, Detroit big up expire à son propos : " quand ça tombe à pic". Rien de plus.