Et si les colis avaient des oreilles ? Un dictaphone qui explore les sons du réseau postal perçus par un colis.
Nous utilisons le réseau postal pour enregistrer les sons du trajet de l’envoi d’un colis.
Pour cela nous avons acheté un dictaphone analogique (à mini K7) et nous l’avons soigneusement emballé pour être envoyé par le réseau postal. Au moment de poster le colis, nous déclenchons l’enregistrement du dictaphone. En suite il nous suffit uniquement d’attendre impatiemment qu’un étrange paquet envoyé arrive à destination. Pour enfin le dérusher et publier le son en ligne.
L’objectif de ce travail se rapproche du travail Transports Publics. Je cherche à enregistrer le registre sonore du réseau postal ainsi que les conversations des personnes se rapprochant du dictaphone.
Le dictaphone se déplaçant dans l’espace d’un réseau fermé au public, il enregistre des sons qui ne sont pas supposés être entendus par le public (oups...). Je donne vie à un colis, une histoire au moins, car en enregistrant les sons ambiants, je lui donne un artifice de mémoire.
Le colis mémorise donc son déplacement au fil du temps, et utilise un réseau comme structure spatiale. C’est à dire, les sons enregistrés représentent l’espace du réseau postal, du moins l’espace généré et modifié par l’envoi du colis. Encore une fois, les sons naissent dans un réseau physique, destiné à transporter de la matière physique mais aussi des informations et des sentiments matérialisés, pour passer par un second réseau, celui d’internet, destiné à transmettre, diffuser et stocker des informations et des sentiments, cette fois ces derniers sont dématérialisés et se trouvent donc à l’état le plus pur, pour que l’information sonore soit restituée et que l’espace sonore soit reconstruit par l’interprétation et l’imaginaire du réseau neural. L’espace, qui était réel, est donc enregistré grâce à sa signature sonore, pour utiliser en suite un réseau de diffusion d’informations pour finir par être reconstitué par l’imaginaire des auditeurs.