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1ère semaine

Acquisitions techniques + travail en groupe

Pour un début, il semblait essentiel d’apprendre à faire un moulage. Le premier jour dans cet atelier, France et Robert nous ont donc montré étape par étape le moulage d’un objet (choisi auparavant par sa forme simple et sans contre dépouille). Nous nous sommes répartis en petits groupes, chacun avec un objet à mouler. Dans notre groupe de travail (Florent, Lionel, Pierre Loup, Floriane et moi), nous avons choisi un dinosaure en plastique ; l’idée étant de ne mouler que la tête, le cou et une partie du buste pour en faire comme un trophée de chasse.

Cette technique de moulage consiste à prendre l’empreinte de chaque côté de l’objet, sur deux morceaux identiques de terre, en faisant bien attention à la découpe de la moitié de l’objet. Apres cuisson de la terre, le moule est prêt. On applique une fine couche de vaseline à l’intérieur du moule, on le referme et on le cale pour qu’il ne bouge plus, puis on coule le plâtre à l’intérieur par le trou dégagé au préalable (ici l’extrémité du cou du dinosaure). Après séchage complet, le démoulage est une étape délicate, puisqu’il faut assez de force pour séparer les deux morceaux tout en faisant attention à ne pas briser la pièce.

Nous avons ensuite découvert l’alginate pour des moulages plus difficiles à démouler et dans des formes plus complexes (contre dépouilles acceptées dans une certaine mesure), comme les mains par exemple, sujet de notre future expérimentation. Ce nouveau matériau, hypoallergénique, utilisé par les dentistes mais inconnu pour moi, fut une découverte étonnante. En effet, cette poudre mélangée à de l’eau, se solidifie assez rapidement et se change en une pâte ressemblant à la texture d’un œuf dur ; c’est cet aspect élastique qui permet de retirer la main sans difficulté une fois le moulage pris. Julie s’est porté volontaire pour faire un petit moulage de son doigt pour nous montrer le résultat.

Les deux autres jours de cette première semaine, nous avons été dirigés par Lionel, qui avait un projet précis à nous proposer : faire un volume, à partir de nos mains moulées, qui décriverait une insulte à partir de l’alphabet dactylologique (de la langue des signes). Pour ce projet, assez surprenant au début, toute la classe s’est mobilisée.

Nous avons choisis comme insulte « dans ton cul ». Pour l’installation, nous avons choisi de jouer sur l’ironie : les mains seront disposées vers le haut, sur un banc (à une hauteur adéquate pour piéger le spectateur qui aurait bien voulu s’asseoir…).

C’est avec rigueur et volonté que nous nous mettons au travail. Avec ce projet, nous redécouvrons le travail en groupe déjà expérimenté à Esparron durant le stage initial, et nous nous apercevons que ce n’est pas toujours facile de faire équipe et de se répartir les tâches équitablement tant la motivation est différente pour chacun...

Heureusement, Lionel a appelé notre détermination et notre vivacité au travail, ce qui nous a aidé à terminer dans les temps et à surmonter quelques petits soucis techniques ou d’entente (dérisoires, le travail achevé). Et malgré l’agitation créée par cette fermeté bien orchestrée, pour le moins nécessaire, nous étions finalement tous satisfaits du travail effectué.

Voici les différentes étapes de création :

D’abord le moulage de chacune des lettres/mains.
- Création du moule ;
- Confection de l’alginate ;

- Pose de la main (avec position à tenir sans bouger !) à l’intérieur du moule pendant environ 5 à 10minutes, le temps que l’alginate prenne ;
- Extraction en délicatesse de la main ;
- Confection du plâtre ;

- Coulage du plâtre à l’intérieur du moule ;
- Attente de prise et plâtre bien sec ;
- Démoulage en découpant en morceaux avec grande attention l’alginate qui entoure la main en plâtre.

Pendant ce temps, d’autres s’appliquent à la fabrication du banc, en bois (avec l’aide de Don Jacques en atelier bois) :
- Conception (dessins et calculs) ;
- Découpe du bois des différentes parties du banc ;
- Ponçage et peinture ;
- Assemblage des parties.

Il faut maintenant rassembler les moulages et leur support en vissant chaque lettre/main au banc.

La dernière étape est un travail minutieux qui a demandé le travail d’un groupe entier (pour le moins courageux !) : l’inscription de l’alphabet au dos du banc pour permettre le déchiffrage de l’insulte.
- A partir de l’image de l’alphabet et à l’aide d’un cutter, préparation de pochoirs pour chaque lettre de l’alphabet ;
- Inscription de chaque lettre au dos du banc à l’aide d’une bombe de peinture.

Cette expérience collective représenta pour la classe un moyen de redécouvrir le travail en commun, avec ses bonnes et mauvaises surprises, mais surtout prouva la capacité de réactivité et l’entraide de notre groupe. J’ai apprécié ce projet où nous avons été bien encadrés, car nous avons pu nous prouver que nous étions capables de mener à bien un projet dans les temps souhaités. Aussi, l’idée m’a plu et j’ai trouvé le résultat très satisfaisant. J’ai été impressionnée par la définition du plâtre pour les moulages des mains. Cette expérience m’a donné envie de continuer les moulages, qui je trouve est un travail délicat et passionnant, et qui aboutie à un travail très sensible que j’apprécie beaucoup.

Ecole d’Art d’Aix en provence - http://ecoleart.cluster011.ovh.net