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Projet narration

J’ai débuté ce projet sur un grand délire en pensant n’en faire qu’un simple exercice...

Que feriez-vous si en l’espace d’environ 36 heures les gens qui vous entourent vous disaient 150 fois que vous dessinez des perspectives comme si vous aviez 13 mains gauches ? Bin, moi j’ai pris mes pinceaux et j’ai fais la perspective la plus bidon qu’il soit !!!

1 Perspective centrale avec, 1 point de fuite et tout plein de droites qui s’en échappent !

En dessinant le croquis de cette peinture qui à l’origine ne devait faire qu’une seule feuille, je me suis souvenue d’un travail que j’avais vu au Printemps de Septembre 2008 à Toulouse au Théâtre de la Garonne.

malgré mes recherches le nom de l’artiste m’est toujours autant inconnu que ce jour là. Cependant, je me souviens très bien de son travail :

La salle réservée à l’exposition était plutôt sombre et raisonnait beaucoup.
Trois vidéos étaient présentées en boucle et l’une d’elles comprenait deux écrans de projection.

Sur le premier, nous voyons au loin un personnage marchait en se rapprochant. Il était sur un chemin de promenade dans une sorte de parc citadin. Une légère brise agitait le paysage. Sur le second écran le même parc mais sans marcheur était plongé dans la nuit.

Le jour et la nuit s’alternait entre les deux écrans alors que le marcheur continuait lentement sa progression.
Seul le vent qui se transformait en bourrasque en 1 seconde puis retombait en brise légère la seconde suivante, venait troubler la quiétude ambiante.

Après plusieurs jours et plusieurs nuits, le marcheur était enfin devant nous, sorti de l’écran de gauche puis se retrouva dans l’écran de droite et s’éloigna de nous à la même allure.

Ce parallèle entre les deux écrans m’a donné envie de faire un diptyque dans le même esprit. C’est pourquoi, j’ai fait deux tableaux à la symétrie inversée avec un personnage proche dans l’un et un personnage éloigné dans l’autre. Ce personnage se trouve dans la rue d’une grande ville la nuit.

Cet exercice que je prenais au début comme une simple blague, vengeance ou autre est alors devenu beaucoup plus intéressant à mes yeux.

Bien-sûr, ma première proposition était complètement ratée :

La perspective inversée était déplaisante.

On ne voyait pas le bas du bâtiment central.

Le bleu était trop criard.

La rangée de maisons était trop... Droite.

Beaucoup de défauts qui me sautaient aux yeux et qui me donnaient envie d’en faire une deuxième proposition.

Je voulais cette foi ci accentuer l’effet du temps qui passe, du temps qui change tout de ce qu’il y a à l’extérieur de nous.

J’ai donc voulu faire un tableau noir et un tableau blanc, en pensant que cela donnerait le contraste le plus fort. Ainsi, le tableau noir devait être fait à l’huile, pour sa limpidité. Le blanc, à l’acrylique pour sa force.

J’ai essayé de corriger les défauts qui m’embêtaient dans mon premier essai. Et effectivement, je trouve qu’une perspective commune aux deux tableaux est vraiment plus agréable à regarder et semble même les relier. Le bâtiment de devant ne nous cache plus la scène mais nous donne un recul. Le noir et le blanc donne un effet de vieille photo ou d’effacement qui me plait beaucoup. Le discours entre les deux tableaux est donc plus facile. Le temps semble s’être tellement allongé qu’il s’en est figé et le personnage à peine perceptible dans le blanc sur blanc ne nous contredira pas !

Le tableau noir est laissé inachevé car il ne me semble pas utile de le terminer. Pour moi il dit ce qu’il a à dire. Cependant, le personnage m’a donné beaucoup de peine à sa réalisation. Je n’arrive pas à le dessiner comme je le voudrais. malgré des 10ène d’essais infructueux, et une peinture tout autant bancale, j’ai finalement aussi laissé le personnage inachevé. Après tout, le temps est toujours demeuré inachevé aussi !

Le tableau blanc m’a beaucoup amusé. Pour le réaliser, j’ai dû le noircir alors que je le voulais blanc... J’ai enlevé le surplus de noir en frottant la peinture à peine sèche en surface avec un kleenex humide ce qui a eu pour effet d’enlever une grande partie de la peinture de surface et à ne laisser qu’une simple trace sur la couche de fond. je dois dire qu’après cette peinture, j’admire encore plus tous les peintres capables de peindre le blanc... Pour ma part, je crois que j’ai encore du travail là dessus !

Ces peintures m’ont ainsi pris la tête, pour mon plus grand bonheur pendant plus de deux mois et c’est avec grande joie que je remercie les personnes qui m’ont dit que j’avais un dessin caduque !


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